Le mouvement de grève de Pôle Emploi à Crest dans la Drôme devait se poursuivre aujourd'hui, j'en profite pour partager avec vous cette lettre ouverte, sous forme de coup de gueule, avec l'accord de son auteur... comme un témoignage des temps modernes :(

Lettre ouverte d'un parasite aux salarié-e-s grévistes de Pôle Emploi Crest

Vous combattez depuis mardi 18 mai l'effroyable machine qu'est Pôle Emploi, Police Emploi devrais je dire, tant la volonté de la direction se traduit par des mesures inhumaines et dégradantes plus ou moins appliquées par certain-e-s salarié-e-s complices.

Dans un bassin de vie où, proportionnellement, le taux de chômage est le plus important de Drôme Ardèche, le non remplacement des personnels en congé et l'embauche de précaires en CDD pour tenter de combler les lacunes est une catastrophe.
La durée d'attente s'allonge pour obtenir un rendez-vous, et le traitement des dossiers se fait trop rapidement, conduisant souvent à fragiliser encore plus les précaires.

C'est déjà suffisamment ingrat de servir de soupape de sécurité au système, de là à le faire sans moyens en terme de personnel et de perspectives, un pas de plus a été franchi par la direction de Pôle Emploi Rhône Alpes Auvergne.

Alors oui, je soutien votre action, dans la mesure où vos revendications sont légitimes, mais je ne saurais que vous inviter à pousser la réflexion plus avant sur le rôle que la direction voudrait vous faire jouer vis à vis des millions de précaires sur le plan national.

Vous ne devez pas être des machines à contrôler les sans papiers pour les livrer ensuite à la Préfecture.

Vous devez faire la part des choses entre les fraudeurs - il en existe mais leur nombre est extrêmement limité - et les personnes qui essaient tant bien que mal de sur-nager au niveau du quotidien (logement, nourriture, habillement, santé, éducation, culture...).

La France, comme bien d'autres pays, a réussi à appliquer les préconisations de l'OCDE qui recommandait environ 10 % de chomeurs pour servir de variable d'ajustement au système capitaliste. Seulement, ce même rapport préconisait aussi un turn-over pour éviter que ces populations ne soient trop précarisées et, ainsi, songent à se révolter contre le système. *

Aujourd'hui, le chômage n'est plus conjoncturel, il est structurel.

Les préconisations de l'OCDE sont donc difficilement applicables et on s’aperçoit bien que les chômeurs le sont de plus en plus longtemps et qu'il devient extrêmement délicat pour eux de retourner sur le marché du travail.

Qu'à cela ne tienne, la direction de Pôle Emploi répond par Répression et Sanction, faute de pouvoir jouer son rôle.

Vous avez décidé de résister, je vous soutien, mais transmettez à votre direction que si vous ne vous laissez pas faire, nous sommes bien décidés aussi à ne pas nous laisser humilier par cette machine de flicage social.

Yvon THOMAS LE GUILLERM
Militant politique outré par les idées nauséabondes véhiculées sur les précaires.

 

* [edit] : Dans le cadre du NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployement), en gros le maintien du chômage et la modération salariale sont considérés comme des outils de maitrise de l'inflation et de préservation de la rentabilité des placements financiers dont le rendement reste supérieur à l'inflation contrôlée...