Bon, ce n'est pas la partie la plus épanouissante de la politique, mais ça en fait partie et je vous dois la transparence.

J'ai longtemps hésité, mais je crois qu'il est de mon rôle aussi de donner à voir les coulisses, sans tomber dans l'autoflagellation, tendance trop répandue à gauche, ni l'étalage propre à achever de dégoûter tout le monde de la politique. Je vais donc tacher de rester factuelle et de ne pas m'étendre. Depuis le mois d'avril, nous débattons entre organisations de Gauche (PG - PCF - PCOF - Mpep - POI - NPA - Alternatifs) dans la troisième circonscription de la Drôme. Partant du principe que nous serions plus forts unis pour battre Hervé Mariton, et que les citoyens attendaient de la gauche antilibérale qu'elle se rassemble enfin. Neuf mois d'échanges, de discussions, de tensions parfois, et de rédaction collective d'un projet d'accord politique. Je n'en regrette pas une minute. Nous avons appris à travailler ensemble. J'ai appris des choses, au cours de ces discussions, j'ai évolué sur certains points en écoutant les arguments des uns et des autres, nous avons eu un vrai débat politique de fond. Certains nous ont rejoint en cours de route, d'autres sont sortis puis revenus dans la démarche, d'autres encore n'ont pas pu y participer mais gardaient un œil intéressé sur ce qui se passait dans la troisième circonscription de la Drôme.

Et puis, les meilleures choses ayant une fin, est arrivé le moment où chaque organisation devait enfin donner son accord final sur l'accord, visant donc à me présenter sous une bannière commune "En Drôme une terre de gauche" avec le soutien des différentes organisations à cette candidature qui restait, conformément à notre accord national et à mon investiture en octobre par les camarades du PG, du PCF et du PCOF, inscrite sous l'étiquette Front de gauche auprès du Ministère de l'Intérieur. Je vous passe les détails intermédiaires, les heures passées au fil entre Noël et le Jour de l'an, et les rebondissements de dernière minute... Ont donné leur accord : le Parti de Gauche, le Mpep, la section de Crest du PCF et le NPA, dont je tiens à saluer sincèrement l'investissement dans cette démarche. Ont refusé l'accord : la fédération du Parti Communiste de la Drôme, le PCOF, le POI. Se sont retirés de la démarche : les Alternatifs. Hier soir, le NPA a demandé que je lance tout de même "En Drôme une terre de gauche" samedi. Demain. J'ai choisi de ne pas le faire pour ne pas aller contre la position de la fédération du PCF et le PCOF, mes deux partenaires du Front de gauche : je refuse les passages en force, ce n'est pas ma vision de la politique, et je pense que nos adversaires libéraux et de droite n'attendent que ça. Je ne leur donnerai pas ce plaisir. Ma vision de l'unité la plus large ne passe pas par la mise à mal du Front de Gauche, seul rassemblement unitaire aujourd'hui à gauche regroupant six organisations.

L'unité de tous n'étant pas possible, je lancerai donc demain ma campagne sous les auspices du Front de Gauche, avec l'espoir qu'un maximum de citoyens et de militants rejoignent la dynamique déjà engagée, quelle que soit leur étiquette et leur logo, pourvu qu'on partage l'envie d'en découdre et de mener cette campagne avec courage, détermination et opiniâtreté. Comme on a pu se l'entendre dire : "vous avez deux ans d'avance !"... Soit. On va accélérer le temps et faire de la pédagogie intensive. L'unité est un combat, nous en restons les guerriers. En continuant à refuser de rentrer dans les combines, manœuvres et manips politiciennes, et à notre manière, on ne lâchera pas.

Nous attendons du monde demain à Luc en Diois, les messages de soutien affluent. Ils font chaud au cœur et redonnent de l'ardeur. Militants et citoyens non encartés, responsables syndicaux et associatifs, poètes et musiciens... Alors oui, je suis déçue, bien sûr, que ce grand rassemblement de toute l'autre gauche ne puisse pas se faire, une fois de plus. Mais pas découragée. Je ne me résous pas à renoncer. Je continuerai, inlassablement, à rechercher l'unité et à créer des passerelles, comme je le fais depuis trois ans, quoiqu'il m'en coûte parfois. Plus que jamais motivée à faire une campagne de terrain, décalée, dynamique et pleine d'enthousiasme, tournée vers les électeurs, les abstentionnistes, toutes celles et ceux qui n'ont que faire de nos querelles intestines et veulent des propositions pour changer la vie. Il est plus que temps, alors on y va ! C'est demain, à Luc en Diois. Je vous remets l'invitation avec toutes les infos.

Il y aura de la politique, du théâtre et du jazz, de la bonne humeur, de l'espoir pugnace et de la camaraderie à gauche. On en a tous besoin... Alors à demain !

Image Banksy