Dystopies, coups de gueule et vagabondages

samedi 23 septembre 2017

Interdite d’accès au procès de Figen Yuksekdag : la Turquie de M Erdogan récidive

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Sincan1.jpgCette tribune a été publiée sur Mediapart le 20 septembre 2017, sous le titre "Mon témoignage sur la Turquie de M Erdogan"

18 septembre. Jour de visite des familles à la prison de Sincan, en Turquie. De nombreux cars font la navette vers cet immense complexe de 6.000 détenus. Devant la prison, nous sommes une dizaine d’observateurs internationaux à attendre en plein soleil par 36°C, entourés de policiers. Dans cette enceinte carcérale doit se dérouler le procès de Figen Yuksekdag, députée et co-fondatrice du HDP. Cette militante féministe et socialiste est détenue, comme dix autres députés du HDP, depuis dix mois sous divers chefs d’accusation de collusion avec le terrorisme.

En fait de terrorisme, il est reproché à Figen Yuksekdag d’avoir protesté contre les bombardements des populations civiles kurdes, d’avoir qualifié de « résistance » les manifestations qui ont eu lieu dans les villes kurdes placées sous couvre-feu, ou encore d’avoir qualifié de « massacre » la mort de centaines de civils durant les opérations menées par les forces de sécurité turques. Elle risque 83 ans de prison.

La première audience de ce procès a eu lieu au tribunal d’Ankara le 4 juillet, puis ajourné et remis au 18 septembre, devant la Haute Cour d'Ankara.

Sincan2.jpgLe 4 juillet, pour la première audience de son procès, une délégation d’observateurs internationaux avaient été interdite d’accès de la salle d’audience et expulsée manu militari du tribunal d’Ankara1. C’était une première en Turquie, où les procès sont publics, et ce droit garanti par la Constitution. La Turquie est également liée par les conventions internationales et l’OSCE en la matière. La présidence de la Cour, qui avait après des heures de discussion, finalement autorisé la présence dans la salle de quatre observateurs, a été quelques minutes plus tard rappelée à l’ordre par un appel du Ministère de la justice, sur consigne directe donc du gouvernement de M Erdogan.

Ce 18 septembre, devant la prison de Sincan, nous attendons et assistons à un véritable chassé-croisé entre les pouvoirs politique et judiciaire : la Cour demande aux avocats du HDP de se tourner vers le Ministère de la Justice, qui les renvoie à la Cour. Celle-ci rétorque depuis plusieurs jours que les autorisations sont désormais délivrées par le Ministère de la Justice et non plus par le Président de la Cour. Discours démenti par l'ambassade Turque en Suisse qui déclarait la semaine dernière encore que le Ministère de la Justice, pas plus que la Cour, n'a à autoriser les observations de procès, ceux-ci étant de droit publics en Turquie (il s’agirait de l’article 182 du Code de procédure criminelle). Elle précise néanmoins que la Cour peut décider à n'importe quel moment de fermer un procès particulier au public, uniquement en cas de problème grave de sécurité, et ce en le motivant et par déclaration publique. Nous en déduisons en toute logique que le « tri sélectif » à l'entrée du procès consistant à en interdire l'accès aux observateurs internationaux tout en autorisant le public, sans que ce choix soit motivé comme cela s'est passé le 4 juillet, et de nouveau ce 18 septembre, ne rentre dans aucune de ces hypothèses.

Pour cette deuxième audience, la Cour a décidé de déplacer le procès au sein même du complexe de la prison de Sincan, à 70 kilomètres d’Ankara. Selon les informations communiquées aux avocats du HDP, cette décision répond au fait de bénéficier de salles plus grandes : l’affluence au tribunal lors de la première audience avait été source de tensions avec la foule, nombreuse, qui souhaitait assister au procès. Las, le matin même de cette seconde partie du procès, nous apprenons que la salle réservée pour l’audience ne comporte que 20 places. Face à ces conditions, Figen Yuksekdag rend publique sa décision de ne pas assister à ce qu’elle considère comme une parodie de justice. En délégation internationale avec des avocats, journalistes et ONG, nous nous y rendons malgré tout. Nous sommes en tout dix observateurs internationaux de France, Suisse, Italie, Angleterre et Norvège, accompagnés d’une représentante de l'ambassade du Canada.

Sincan3.jpgNous attendrons devant la prison de Sincan pendant deux heures, pour apprendre finalement que notre délégation d'observateurs internationaux est interdite d'accès à la prison de Sincan et ne pourra assister au procès. A l’issue de cette demie-journée d’audience que nous suivons donc depuis Ankara, nous apprenons qu’après 10 mois de détention Figen Yüksekdağ est maintenue en prison. Son procès est de nouveau ajourné et remis au 6 décembre. Cette troisième audience aura lieu à la même prison de Sincan, dans la même salle de 20 places.

Nous étions trois français présents ce 18 septembre à la prison de Sincan : une avocate du barreau de Paris, Jean-Christophe Sellin et moi-même, tous deux élus régionaux et responsables du Parti de Gauche. Partis la veille de Paris, au moment même où dans ce même aéroport de Roissy, le journaliste français Loup Bureau tout juste libéré atterrissait en provenance d’Ankara. La concordance des temps est fatalement frappante, et après le soulagement de cette libération, on ne peut esquiver la vive question des contreparties accordées par le Ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves le Drian au gouvernement Turc lors de son déplacement à Ankara. Se pose entre autres la question du soutien français aux forces kurdes qui combattent notamment en Syrie contre les forces de Daech et construisent une alternative démocratique, laïque et féministe au Rojava, au grand dam de Monsieur Erdogan. Combiné à l’approche du référendum au Kurdistan irakien, et à l’invasion des forces armées turques en Irak, la situation dans cette région du monde est sous haute tension. Les déclarations de Madame Merkel sur la suspension des discussions pour l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne, en contre-point de l’accord qui lie cette même Union européenne à la Turquie sur la question des migrants, fait des conflits dans la zone et des déplacements de réfugiés qui en découlent, une question évidemment hautement géopolitique.

Par ailleurs, comme le rappellent régulièrement Amnesty International, Reporters sans Frontières et d’autres, 160 journalistes sont toujours détenus en prison, des députés, des maires, des magistrats, des enseignants, des écrivains sont encore incarcérés et en attente de procès. Ces deux audiences de Figen Yuksekdag témoignent du fait que tout est mis en place pour dissuader des observateurs internationaux de se rendre en Turquie et d’assister aux procès qui y ont lieu.

DelegationSincan.jpgNous avons pu rencontrer à Ankara la députée en charge des affaires juridiques pour le HDP, Ayse Acar Basaran et le député en charge des affaires internationales, Hisyar Özsoy. Nous avons longuement discuté ensemble de la situation, et de la manière dont l’opinion internationale pouvait être mobilisée. Lorsque nous étions sur place, un député du HDP qui venait d’être libéré dix jours avant a de nouveau été arrêté. Chaque jour, un véritable harcèlement s’exerce de la part des autorités turques sur les militants et élu-e-s du HDP, troisième force politique du pays avec 6 millions d’électeurs, et principale opposition démocratique à Monsieur Erdogan. Face à cette situation de plus en plus inquiétante sur les droits humains et les libertés en Turquie, une campagne internationale pour la libération de Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, les deux co-fondateurs du HDP, est en train de s’organiser. Tous deux ont été démocratiquement élus députés en juin 2015. Ils risquent aujourd’hui 142 et 83 ans de prison.

Un appel va être lancé avec le soutien de personnalités du monde entier, universitaires, artistes, et responsables politiques. Le comité pour les droits humains de l'Union interparlementaire, basée à Genève en lien avec l'ONU s'intéresse également de près au sort des 55 député-e-s du HDP dont l’immunité parlementaire a été levée – avec le vote favorable de toutes les autres organisations politiques turques, y compris d’opposition. Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag ont été nominés la semaine dernière, à l’initiative du groupe de la GUE-NGL2, au prix Sakharov pour la liberté d’opinion décerné par l’Union européenne.

Ce sont autant de points d’appui pour que l’émotion, l’indignation, provoquée par les arrestations en Turquie des journalistes français Mathias Depardon et Loup Bureau ne retombe pas. Pour que la vague de « trouble, inquiétude et indignation » des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Allemagne et de la France3 qui s’était exprimée au moment de l’arrestation de Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag ne s’assoupisse pas. Ils sont encore nombreux, femmes et hommes, détenus arbitrairement en Turquie. Ne les oublions pas.

« Ferment les yeux, les vagues,
Déchiquetés sont les nuages,
dispersés comme du coton cardé
dans le ciel gris de l’Euphrate.
(...) Les nuages sont les plumes d’une colombe blanche,
privée d’ailes,
lorsqu’elle tente de s’envoler... »
La nuit des contes, Sherko Bekes, poète Kurde.

Liens :

1Récit de la première partie de ce procès : http://bit.ly/2sXxS2U et sur le blog Mediapart d’Ilias Panchard : https://blogs.mediapart.fr/ilias-panchard/blog/070717/recit-dun-proces-politique-en-turquie

2http://www.guengl.eu/news/article/category//unjustly-imprisoned-opposition-leaders-in-turkey-nominated-for-sakharov-pri

3https://www.google.fr/amp/s/amp.france24.com/fr/20161105-turquie-hdp-arrestation-dirigeants-parti-pro-kurde-turc-demirtas-reactions-internationales-

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samedi 9 septembre 2017

Je voudrais dire avant tout que la vie vaut la peine d’être vécue. Hommage à Walter

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Walter Bassan est décédé. Je l'ai appris ce matin par Gilles Perret et son très beau texte que je reproduis ici avec son accord. Sur le site de Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui, les compagnons du Plateau des Glières avec lesquels j'ai eu tant de plaisir depuis 2013 et cette année encore (moment de frissons capté en fin de billet) à partager ces moments de fraternité, de résistance, d'émotion, on peut lire des mots de Walter. La première phrase : Je voudrais dire avant tout que la vie vaut la peine d’être vécue... Comme un legs du résistant de toujours pour chacun de nos instants (...)

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samedi 1 juillet 2017

Des députés, de l'emprisonnement et des mots. En mission d'observation internationale en Turquie

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Il y a huit mois, c'était l'émoi. Toute la diplomatie occidentale réagissait fortement à l’arrestation de Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les deux co-présidents du HDP, troisième force politique en Turquie avec 6 millions d'électeurs. On pouvait lire trouble, inquiétude et indignation des États Unis, de l'Union européenne, de l'Allemagne et de la France. Aujourd'hui, même à creuser les tréfonds d'Internet on ne trouve aucune suite à ces réactions. Et pourtant. Détenue depuis huit mois, Figen Yüksekdag risque 83 ans de prison. Son procès va avoir lieu le 4 juillet à Ankara.  Alors après (...)

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samedi 15 octobre 2016

Restless

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Je reprends le chemin, cette fois vers la Kabylie. Explorer les montagnes, m'imprégner de souvenirs d'enfance, rendre hommage. Je poursuivrai peut-être ma route vers une île, ou vers l'Orient. Si les étoiles me tirent par les cheveux. Gentiment. (...)

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dimanche 27 décembre 2015

Plongée dans l'intime, sens à réaiguiser, grand blanc et alabama monroe (Voeux)

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En 2010, mon florilège de fin d'année était fait des Wombats, de tunnels, du mauvais esprit de Titom et de la tentation d’Épicure. En 2011, c'était une guirlande faite d'une barque, livrée aux abîmes, de l'immense Océan des désirs, de monos d'Ecuador et de correspondances amoureuses de Maiakovski. En 2012, des Rêves de fuschia, amour, poésie et révolution, toujours, des lectures un soir d'été, un verre de cognac à portée de main, et le cœur en bandoulière, encore.... Puis curieusement rien ne vint en 2013. Et en 2014, un coup de gueule Comment osent-ils suivi de voeux de Rêves à n'en plus (...)

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mardi 28 juillet 2015

Racines du ciel et Radieuse Aurore (lectures d'été)

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Je viens de réaliser ma dernière intervention de l'année au Festival Emmaus Lescar-Pau, un débat sur climat et écosocialisme avec 150 personnes, joli exploit pour un matin de semaine, en plein milieu de l'été, dans un festival qui n'a pas encore vraiment commencé (les concerts démarrent ce soir). Les rencontres sont belles ici, avec celles et ceux qui font et agissent, depuis plus de trente ans, qui créent pièce par pièce un village autonome, avec sa ferme, son épicerie, sa recyclerie bien sûr et surtout ses choix de vie, des choix politiques assumés. Un endroit du "pas de côté" qui (...)

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mercredi 18 février 2015

Se remplir le regard de baroque, se perdre à Constantinople

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Je pars demain en Turquie, pour une conférence sur l'écosocialisme. Comme à chaque départ, une curieuse forme anticipée de nostalgie légèrement inquiète me saisit. Un ressort romantique qu'un rêve d'Orient ne demande qu'à exacerber. De fortes averses de neige sont annoncées à Istanbul pour les jours qui viennent. Il y a un an, j'étais dans les rues de Tokyo, prise dans une tempête hivernale d'une ampleur inédite. Un déluge de flocons me suit à chacune de mes pérégrinations et je m'en réjouis. Car "une fois par vie, il neige dans nos rêves" (Orhan Pamuk). Et j'ai plusieurs vies. (...)

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jeudi 8 janvier 2015

Nous étions Camille, désormais nous sommes aussi Charlie.

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Hier le 7 janvier, 13h. Radio. Fusillade. Charlie Hebdo. Morts. Vigipirate. La consternation. Sans mots, juste un profond sentiment de détresse, de tristesse pour notre société. Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Ahmed, Oncle Bernard, morts. Nicolino grièvement blessé... Les noms qui s'égrènent au fil des heures, les détails de la tuerie, les réactions sur les réseaux sociaux, les propos haineux... L'annonce de jours sombres. Tant de ruiné, en quelques minutes. Et ce sentiment étouffant que le cauchemar politique ne fait que commencer. À hurler. Et puis les liens qui se nouent naturellement, la (...)

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mardi 6 janvier 2015

Des rêves à n'en plus finir. Vous, fiers et heureux. (Voeux)

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Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences. Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable. Texte : Jacques Brel, 1968 Photo : Anna Karina, Le petit soldat, 1963 (...)

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jeudi 30 octobre 2014

Rémi Fraisse, Vital Michalon. Deux Une de Libération, toute une génération. Et la dystopie, toujours.

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Pour mémoire depuis le mois d'aout sur ce blog au sujet de ce barrage, notre tribune de soutien collective sur Reporterre, le récit de ma visite au Testet, ma Lettre ouverte au Ministre le Foll parue sur Mediapart, et enfin le courrier commun envoyé à la Ministre Ségolène Royal le 17 octobre. (...)

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mardi 21 octobre 2014

Saper la démocratie au motif de la défendre : Loi antiterrorisme, un oxymore liberticide

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Le projet de loi relatif à la "lutte contre le terrorisme" du Ministre Cazeneuve a malheureusement été adopté le 16 octobre au Sénat, par 317 votes pour et 28 contre, en première et unique lecture. Nous avons été nombreux à en dénoncer le caractère liberticide et à souligner le danger à ouvrir la voie à des dystopies à la Minority Report où des citoyens sont jugés criminels en puissance et arrêtés avant même d'avoir commis leur forfait. Le Parti de Gauche avait appelé à plusieurs reprises à rejeter ce projet de loi. De même, des parlementaires comme la députée Nouvelle Donne Isabelle (...)

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mercredi 8 octobre 2014

Essais nucléaires : du passé ne faisons pas table rase (Appel collectif)

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Parce que j'ai expérimenté dans mes sens les plus profonds l'importance de disposer d'un lieu de mémoire à Hiroshima, lorsque Paul Ariès m'a contactée pour signer cet appel dans sa revue les Indigné(e)s je n'ai pas hésité. Il ne s'agit pas de faire acte de repentance pour des faits dans lesquels je ne me reconnais aucune responsabilité, soyons clairs, mais de maintenir un lieu symbole de solidarité internationale, de ne pas oublier et de continuer à faire vivre dans nos mémoires l'horreur de ces essais. Cliquez sur l'image pour l'agrandir et lire l'appel. (...)

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dimanche 3 août 2014

Habere otium faciendi. Avoir le temps de faire (ou de ne rien faire).

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Une matinée d'été paisible dans le Diois. Savourer café – clope au soleil, regarder les montagnes naître dans la brume, jeter un œil au Canard Enchainé... Intriguée par le terme Otium, "ce cercle de loisir et de l'oisiveté chez les Anciens, le fondement même de leur sagesse", utilisé dans une critique littéraire - “La grande nageuse” d'Olivier Frebourg - j'ouvre mon moteur de recherche. "Solitude, retraite. Vie privée par opposition à la vie politique. Paix, calme, tranquillité, bonheur." Oh chic, un nouveau mot qui va me servir. Dont je vais avoir envie d'user et d'abuser. (...)

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samedi 5 avril 2014

Non Monsieur Placé, nous ne pratiquons pas le "délit de faciès" !

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"Manuel Valls, on doit pas avoir de délit de faciès avec lui" Jusqu'à ce matin sur France Inter, le sénateur EELV de l'Essonne Jean-Vincent Placé répète à l'envi sur les ondes depuis la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre qu'il refuse que soit pratiqué ce qu'il nomme un « délit de faciès » avec Manuel Valls. Outre l'usage déplacé de cette expression dans le cas précis, cette appréciation de M. Placé appelle précision et clarification. Ce qui justifie la large opposition de gauche, du Front de Gauche à EELV, à cette nomination n'est pas le "faciès" de M. Valls (...)

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lundi 17 février 2014

Hanami de Méihuā sous les flocons. Et évaporation • 梅花 花見 • Ecosocialisme au Japon, épisode 8

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"Tous en ce monde sur la crête d'un enfer à contempler les fleurs" Kobayashi Issa La politique cède un peu la place au poétique ici et je ne m'en plains pas... Je vais poursuivre mon séjour au Japon sur un mode plus nomade et plus intime, donc me faire plus rare sur les réseaux sociaux et m'absenter probablement de ce blog quelques temps, le temps de me rincer les yeux et de me réinspirer. En politique comme en toutes choses, il est essentiel de savoir parfois s'extraire du quotidien et de prendre le temps d'aller se nourrir d'ailleurs et d'imaginaire. Faire un pas de côté, passer de (...)

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lundi 10 février 2014

Petit coup de gueule féministe de Tokyo • Ecosocialisme au Japon, épisode 5 #エコソシアリズム

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[Edit : deux lectrices vivant ou ayant vécu au Japon me signalent tout de même la réalité incessante et très pénible des mains baladeuses dans le métro de Tokyo aux heures de pointe, surtout sur les jeunes filles. Dont acte, mon propos n'était évidemment pas de sous-estimer ce que cela peut avoir d'insupportable. Merci à elles de l'avoir signalé.] Aujourd'hui j'ai découvert ce message pimpant de rose sur le quai du métro de Tokyo. Bon, en réalité il y avait un homme dans le wagon. Et en fait, tant mieux. Ce genre de trucs me semble toujours bizarre, surtout que le Japon n'est pas franchement (...)

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mercredi 5 février 2014

En perte de repères • 佗 • Ecosocialisme au Japon, épisode 2 #エコソシアリズム

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Le soleil est revenu ce matin, radieux. Après avoir fait le tour du cadran j'ai pu m'attaquer doucement aux rues de Tokyo en quête d'un petit-déjeuner. Déjà hier soir, ressortie pour dîner, j'ai fait l'expérience d'être affamée dans une ville sans aucun repère ni de où, ni de quoi manger. Je suis partie au hasard des rues, guettant les devantures à lampion. Suis entrée dans un lieu qui ressemblait, au hasard. Et au hasard, j'ai commandé. Mal... Rattrapé in extremis par une charmante japonaise qui parlant un peu anglais m'a conseillée. J'avais pris un plat d'accompagnement, sans nouilles, dans (...)

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mardi 4 février 2014

Tempête de neige à Tokyo • 佗 • Ecosocialisme au Japon, épisode 1 #エコソシアリズム

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Un clin d’œil dès mon arrivée à Tokyo, dans un froid mordant et après 24 heures pile de voyage de Paris via Moscou*. Il est 17h ici, en France ce n'est encore que le début de la matinée. Il m'a fallu un peu de tenacité pour trouver mon hôtel sur les plans en japonais, sous l'averse, m'arrêtant pour me réfugier sous chaque auvent, abordant les passants pour demander mon chemin. Las, j'ai déjà pu constater que les japonais sont d'une grande gentillesse mais parlent peu anglais. Jusqu'à ce qu'une femme me voyant désemparée et frigorifiée avec ma valise au milieu de la rue m'accompagne jusqu'à la (...)

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mardi 10 décembre 2013

Tunnel, tendresse et Carpe that fucking Diem

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Il y a des périodes comme ça, où on a du mal à reprendre son souffle... J'ai bouclé mes valises pour onze jours. De Douai à Paris, Lyon et Madrid. De ciné-débat autour du film de Gilles Perret sur le Conseil national de la résistance "Les jours heureux" au congrès du Parti de la gauche européenne, en passant par le comité des assises pour l'écosocialisme. De salles obscures illuminées d'espoir et de bien vivre à des débats internationalistes en Espagne sur la campagne des européennes à conduire pour dessiller. Le tout entre deux communiqués sur les combats écologiques qui restent à (...)

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vendredi 25 octobre 2013

Et maintenant...

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... Je m'évapore pour quelques jours de silence et de repos devenus indispensables. Promis je reviens en mode guerrière zen. Illustration extraite de la couverture Les évaporés de Thomas B. Reverdy (...)

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