(le blog de corinne morel darleux)

jeudi 2 septembre 2010

Pic et zou au pays des écolos radicaux

Spécial rentrée des classes

Découvert cet été que le journal de Spirou, que je prenais pour un magazine gentillet et politiquement correct, cache en fait une dangereuse bande d'écolos radicaux !


Je dois reconnaitre qu'il me plait au plus haut point d'y lire :

- côté pile : nationalisation des autoroutes, pollueur-payeur et démantèlement des vieilles centrales nucléaires dangereuses.

- et côté face : Libye nuke, pub, produire plus pour abimer plus, cadeau au tiers monde, exploitation de sans papiers, captation de l'argent public au détriment des énergies renouvelables, pétrole et guerre...

Voilà qui nous change des petits gestes au quotidien et de la révolution du brossage de dents.

Tout n'est peut être pas foutu.

C'mon kids !

mercredi 1 septembre 2010

Le courrier du jour d'une élue (1)

Plus ça va, plus j'en discute avec des citoyens, camarades, et rencontres de passage, plus je pense que l'une des actions que je peux avoir en tant qu'élue régionale, qui soit vraiment utile socialement parlant, est de redonner confiance en la politique. Pas la classe politique, mais le travail sincère de certains élus et militants, et plus globalement renouer avec l'idée que l'action politique peut et doit vraiment changer les choses... Contribuer à faire en sorte que la politique fasse l'objet d'une vraie réappropriation par chacun-e, qu'elle ne soit pas cantonnée aux élus ni aux périodes électorales.

Le rejet de la classe politique est d'une violence croissante. Les affaires Bettencourt, Woerth et consorts n'arrangent rien à l'affaire. Ce rejet, je le ressens tous les jours, quand je vois dans le regard de mes interlocuteurs comme une baisse de dix points quand je leur dis que je suis élue. Ce simple "aveu" me place trop souvent à mon goût d'office dans la catégorie des "tous pourris" et jette la suspicion sur ma rectitude, la sincérité de mon engagement, mes valeurs et mes convictions. Je le vois également lorsque la présence de partis ou d'élus est vécue comme une récupération sur les lieux de luttes, quand bien même nous nous définissons avant tout comme des militants et que nous suons sang et eau à essayer d'être présents partout où on en a besoin.

C'est violent, injuste et insupportable. Mais ce n'est pas à celles et ceux qui me renvoient cette sorte d'image symbolique inversée que je dois en vouloir, même si c'est dur. Leur colère est souvent légitime, accumulée d'années de déceptions, de dégoût des petites manipulations politiciennes et de voir à quel point l'État, de plus en plus, démissionne de tous ses devoirs. Et pourtant... Nous ne devons à aucun prix les laisser nous monter les uns contre les autres, mais au contraire faire bloc, ensemble ! Pour imposer le non cumul des mandats, le retour à un État fort de ses valeurs de république sociale, la dissémination de la politique à tous les niveaux de la vie citoyenne...

Bref. Cette longue introduction pour ouvrir une nouvelle rubrique, qui paraitra peut être futile, mais peut modestement illustrer et contribuer à démystifier le travail d'élu-e, sous forme de clin d'œil pas si anodin que ça...

Voici donc sa première livraison, inventaire de mon courrier du jour. Vous allez voir, c'est assez instructif en fin de compte.


invitation expo "vue de la mare"

invitation Fête des Allobroges du PCF

invitation festival culturel "Eclats"

invitation expo peinture-sculpture

courrier du Préfet nouvelle organisation

plaquette ARDEAR (création d'activités en Alpes Sud Isère)

plaquette Région sur l'économie sociale et solidaire

dossier semences et biodiversité du GNIS (groupement interprofessionnel)

invitation colloque agriculture bio et locale de Corabio

invitation inauguration du pôle emploi de Montélimar

journal "Initiatives" des élus du groupe CRC-SPG au Sénat

dossier (énorme) de demande de subvention de l'association Confrontations Europe





















mardi 31 août 2010

De retour de Grenoble, le remue méninges du PG et ses à-côtés... (1)

Quatre jours et quatre nuits de retour dans le tourbillon politique, amical et militant. 500 camarades du PG réunis sur le campus de Saint Martin d'Hères, près de Grenoble, à alterner formations militantes, réunions d'élus du PG, ateliers débats sur nos fiches prgrammatiques pour un gouvernement du Front de Gauche en 2012... et à se retrouver pour refaire le monde autour d'un verre au bar de la vie étudiante, à quelques pas. A découvrir les nouveaux visages de toutes celles et ceux qui nous ont rejoint ces derniers mois et semaines. Quelle ébullition !

Je suis épuisée mais ravie.

Mon arrivée à Grenoble s'est faite dès le mercredi, veille du démarrage de nos travaux. J'étais invitée par un camarade à visiter un réacteur nucléaire de recherche à Grenoble. Irrésistible ;) Visite très instructive, un peu flippante quand il s'agit de passer le sas de sécurité avec son dosimètre en poche, et frustrante car ce réacteur ne fonctionne pas du tout comme les réacteurs des centrales auxquelles on pense, celles qui fournissent de l'électricité à grand coups de déchets. Donc tout ce que j'ai appris et réussi à comprendre n'est que peu transposable. Mais j'ai pu discuter avec les personnes qui y travaillent, et comprendre un peu mieux les problématiques du secteur. Je n'en dirai pas plus, je me suis engagée à une discrétion de violette. Mais ça fait progresser mes cogitations.

Rencontre extraordinaire le soir, sur la terrasse d'un magasin d'alimentation qui s'est transformé au fil de la soirée en un véritable lieu de vie de quartier, où on a vu débarquer tous les voisins avec couscous, tables pliantes et chaises. Et on s'est retrouvés à manger des brochettes avec une bande de joyeuses familles, heureuses de se retrouver là et de discuter politique. Un moment inoubliable qui redonne espoir...

Retour sur le campus pour le remue méninges du PG. J'avais la charge de plusieurs ateliers. Un sur les fondamentaux de l'écologie politique, avec mon ami François Longérinas, au cours duquel j'ai diffusé L'île aux fleurs, ce documentaire Brésilien du choc par l'absurde, pétri de second degré. Je craignais un peu les réactions. Elles ont été parfaites.

...

Bon. Impossible de finir ce billet, la suite sera pour plus tard. Là il y a 15 familles de sans papiers à la rue à Valence, des coups de fil à passer et un communiqué de soutien à envoyer, les fiches programmatiques pour un gouvernement du Front de Gauche à revoir, une invitation à l'Université d'été du MRC qui vient de tomber pour samedi à Valence, mon atelier publicité pour la Fête de l'Huma qui tombe à l'eau, une réunion de prépa de la manif du 4 dans deux heures à Valence, et des réunions à caler pour la rentrée à la Région... Cool :)

En attendant, vous pouvez aller lire le retour de remue-méninges de Jean Luc Mélenchon sur son blog, ainsi que son discours, bonne lecture ! Je file...

Le peuple contre le populisme ! Manif samedi à Valence

Voici le communiqué du PG de la Drôme pour soutenir les familles de Valence qui se retrouvent à la rue et appeler massivement à la manif de samedi contre la "politique du pilori" du gouvernement.

Rendez-vous à Valence à 14h, devant la Tour de l'Europe à Fontbarlettes !

COMMUNIQUE PG26 Expulsions - Tous à Valence !


Depuis plusieurs mois, la France subit le populisme de ceux qui la dirigent. Le gouvernement Fillon, par ses zélés et obéissants ministres Hortefeux et Besson, avilit notre pays, bafoue notre histoire, insulte l'avenir de notre pays.

Alors que le monde continue d'agoniser après les crises économiques répétées provoquées par le capitalisme et le libéralisme, la droite, de l'UMP au Front National, ne cesse de stigmatiser des minorités, de produire des boucs émissaires pour faire oublier ses propres turpitudes.

Au-delà de l'acharnement inconsidéré à renforcer les lois anti-immigration, les conditions et le climat délétère de cet été ne peuvent que provoquer les haines et les violences.

Le Parti de Gauche Drôme dénonce ces politiques liberticides, diffamatoires, populistes et racistes.

A Valence, ce sont plus de quarante personnes qui se retrouvent à la rue à cause de cette politique de la honte. Quinze familles, femmes, enfants, hommes, de tous âges, dans la précarité, sans papiers, sans espoir, sans toit, sont contraints à l'humiliation.

Le Parti de Gauche appelle, dans l'urgence, à venir en aide aux familles expulsées à Valence

Relogées au camping de l'Epervière par la Croix Rouge, grâce à l'action collective de citoyens, militants et élus, elles se trouvent néanmoins encore dans des conditions précaires et indignes, et ont besoin d'un fort soutien.

Si l'action du Ministère de l'immigration, aujourd'hui, n'est pas comparable à d'autres époques de notre histoire, c'est parce qu'il crée une nouvelle forme de racisme d'Etat et un légalisme discriminatoire bien plus sournois. Alors que rien n'est mis en œuvre pour que les communes les mieux loties respectent les lois sur le logement social, sur l'accueil des gens du voyages, l'honneur du gouvernement français se place dans la chasse aux plus démunis, aux plus fragiles, sous couvert du droit et de transposition d'iniques directives européennes !

Le Parti de Gauche Drôme dénonce cette hypocrisie qui impose de respecter sans faille une législation qui se durcit de décret en décret, à ceux qui, bien souvent en danger de mort ou de survie dans leur pays, n'ont d'autres choix que de fuir vers des lieux qui se devraient plus accueillants et respectueux des droits humains.

Le Parti de Gauche Drôme appelle aussi toutes les femmes et tous les hommes qui pensent que la Patrie des Droits de l'Homme ne peut pas mourir, que la Patrie des Lumières ne peut pas s'éteindre, que la force du peuple français est dans son unité et sa solidarité, à venir manifester le 4 Septembre à 14 heures Tour de l’ Europe à Fontbarlette à Valence contre la politique du pilori.

Mauvais esprit

On les fait mentir le 7 septembre. Rendez-vous dans les rues.

7 septembre 2010

samedi 28 août 2010

Dans un pays qui rétrécit...

logo_rock_sans_papiers.jpg... est une des chansons que j'ai écoutées en boucle sur les petites routes de la Drôme tout l'été. Elle me flanque la chair de poule à chaque fois.


Et comme on n'est pas des pirates (non non), voici le site officiel de Sarclo où vous pouvez commander ses albums ;)

Mais ce n'était qu'une introduction musicale...

Sous couvert de directive européenne, le gouvernement prépare un nouveau projet de loi sur l'immigration, qui passe au Parlement en septembre. Le cinquième en sept ans. Jusqu'ici, au delà de deux jours de rétention, il fallait un contrôle du juge des libertés. Les expulsions seront maintenant possibles pendant cinq jours sur seule décision administrative. Les expulsés jugés indésirables, qu'ils aient leur famille en France ou non, pourront être "bannis" du territoire européen pendant 5 ans.

On n'arrête plus l'escalade de ce gouvernement qui a passé l'été à livrer à la vindicte populaire des boucs émissaires pour étouffer les scandales et masquer son incapacité à proposer des réponses à la crise.

On n'arrête plus la dégringolade du mythe de l'Europe qui protège.

Il faut en parler, et faire du barouf !

Vous pouvez vous informer sur le site de la Cimade, signer l'appel citoyen "Non à la politique du pilori", manifester le 4 septembre partout en France, ou encore aller au concert "Rock sans papiers" le 18 septembre à Paris.

jeudi 26 août 2010

Soutien à la grève... en 1933 déjà.

Une courte vidéo, émouvante.

Le monde ouvrier des années 30, en fond de paroles de soutien de Jacques Prévert à la grève. Où l'on voit la Tour Eiffel servir de support publicitaire, une oligarchie se faire bronzer à Deauville (les yachts ne sont pas loins) et les travailleurs trimer à l'usine...

Bonne rentrée.

... Et rendez-vous le 7 septembre dans les rues.


Le capitalisme selon Jacques Prévert (1933)
envoyé par rixe_77. - Plus de vidéos de blogueurs.

lundi 23 août 2010

De retour de chez les Verts (2)

Pour faire suite au billet précédent, voici le texte d'intervention que j'avais préparé pour les journées d'été des Verts-EE. Au vu du format finalement retenu pour le débat, cette intervention n'a pas été possible, la voici.


 Texte C Morel Darleux PG - jde Verts EE 2010


... D'autant que mon intervention sur la stratégie d'alliances pour 2012 - trop discordante ? - entre P Bessac et C Duflot a été coupée au montage sur ces vidéos mises en ligne par "CyrilD44" sur youtube, les seules que j'ai trouvées sur le Net pour l'instant. Trop fort.

dimanche 22 août 2010

De retour de chez les Verts

J'étais donc vendredi aux journées d'été des Verts - Europe Ecologie à Nantes pour y représenter le PG : une (très) grosse organisation, plus de 2000 militants... Et un moment important, où il s'est dit pas mal de choses.

… Voici quelques éléments politiques, sémantiques et d'ambiance. Totalement subjectifs bien sûr ;)



D'abord, c'est fou le nombre de têtes connues qu'on croise à ces journées d'été
. J'ai eu le plaisir d'y retrouver mes camarades d'Utopia, de discuter avec Dominique Méda et Paul Ariès, de croiser pas mal d'élus de la région Rhône Alpes et des militants avec qui nous partageons un certain nombre de combats.

Pas toujours reconnus hélas... Vendredi, une virée était organisée pour planter un arbre à Notre Dame des Landes. Les dirigeants des Verts-EE ont embarqué Corinne Lepage (Cap 21) avec eux. Je n'ai pas été conviée. Dommage, il aurait peut être fallu leur rappeler que le PG était présent à la semaine de résistance l'année dernière, à nouveau cette année et entre-temps lors du déplacement de l'ACIPA à l'Assemblée Nationale, entre autres. Bon. Ce n'était sans doute pas l'affichage recherché.

Ce qui ressort de ces journées, c'est que les Verts et EE vont finalement bien se structurer dans un mouvement commun lors des Assises qui se tiendront mi-novembre à Lyon. Mais Cohn Bendit est parti avant la fin après de nombreuses manifestations de mauvaise humeur, Duflot le traitant dans la presse de "schtroumpf grognon". Pas mal ;)

La question de l'alliance avec les centristes, selon les medias, serait mieux acceptée qu'à l'époque du débat sur le Modem. Je dois dire que ce n'est pas tout à fait ce que j'ai ressenti sur place, Corinne Lepage n'étant pas franchement accueillie ni très à l'aise. De nombreux militants Verts semblent prêts à résister. Mais même des dirigeants comme José Bové ou Cécile Duflot, pourtant censés être traditionnellement à gauche, ont l'air de s'être fait une raison. Cécile Duflot disant par exemple qu'elle commence à fatiguer des termes "anticapitalistes, socio-libéraux... moi je suis écologiste !" et tous appelant à la grande union anti-Sarkozy sur l'air de : on ne peut pas crier à la crise et à la souffrance du peuple, et ne pas tout faire pour le sortir en 2012... Ça sent le vote utile à plein nez.

Par ailleurs, tout a été organisé pour mettre en scène le lancement d'un programme de gouvernement commun avec le PS. Au-delà de questions de contenu restant à débattre comme sur la croissance, la reconversion industrielle ou le nucléaire, l'alliance EE-PS semble acquise. Et a évidemment été allègrement repris par la presse.

Pourtant, le débat en plénière sur "Quels partenaires pour quel projet en 2012" auquel j'ai participé a quand même fait résonner une petite musique différente...

Des extraits en vidéo ici : j'interviens après Cohn Bendit à la 4e minute sur le productivisme, la planification écologique, le nucléaire ou encore l'UE...

Pas loin de 1000 personnes dans un amphi de 800 places, grosse affluence et salle très réactive, un vrai bonheur ce public ! Nous n'avons eu connaissance des questions qu'une heure avant le débat, j'ai donc remisé l'intervention de politique générale que j'avais consciencieusement préparée :(

Les thèmes / questions posées par l'animateur Bruno Rebelle : 2 enjeux prioritaires pour 2012 (en 3 minutes !!), que signifie le "combat écologique" au PG, sécurité et libertés publiques, stratégie d'alliances pour 2012. Nous étions disposés en trois tables de bistrot réunissant : P Bessac (PCF) / C Lepage (Cap 21), C Duflot / Cohn Bendit, P Moscovici / moi... Bel agencement !

C Duflot et D Cohn Bendit, partis régler leurs désaccords entre quatre yeux à Nantes, sont arrivés avec 15' de retard. Et passeront une bonne partie du débat à papoter, entre eux et avec Moscovici, pendant que les autres intervenants parlent. Pas très classe... Une fois passé le jeu des « j'te serre la main (en ce qui me concerne : Cohn Bendit, Lepage et Moscovici) / j'te fais la bise (va pour Duflot et Bessac) », sous le regard attendri des caméras, le débat a enfin pu démarrer.

Les positions du PG ont été très applaudies (si si !), notamment sur l'écologie qui se doit d'être sociale - répartition des richesses, progressivité de l'impôt, RMA... et sur le capitalisme vert. J'ai rappelé nos principales positions et combats écologistes et antiproductivistes, et bien sûr parlé de planification écologique - en réaction notamment à ce que disait Cohn Bendit sur l'abandon du nucléaire dans d'autres pays européens, je me suis permis de souligner que certains revenaient aujourd'hui sur ces décisions, précisément suite à l'absence de planification de sortie !

Sur le nucléaire, on avait PC-PS d'un côté, Verts EE-PG-Cap 21 de l'autre. Curieuse combinaison... J'ai également fait porter la contradiction sur le Traité de Lisbonne, le rapport au capitalisme (qu'il soit vert ou non !), et sur la capacité du PS à porter une alternative (nous on n'y croit plus). Autant de questions auxquelles les autres intervenants ont soigneusement évité de répondre. J'ai rappelé notre position des régionales et notre choix de non participation aux exécutifs, qui a fait l'objet d'une petite passe d'armes avec Duflot qui a réagi sèchement en parlant de "coups d'éclat" et de la "position confortable d'observateurs"... Sans commentaire.

Côté PS, Pierre Moscovici a habilement joué sur le registre de la sincérité et l'humilité, déclarant que le PS avait été hégémonique mais que cette période était finie, que la « convention nationale du PS sur le modèle de développement » marquait un grand pas dans la prise de conscience écolo du PS, et que les écologistes ne devraient pas en 2012 être cantonnés au Ministère de l'Environnement (très applaudi). Il est revenu sur les limites de la gauche plurielle, plaidant pour un contrat "libre, connu et révisable" pour 2012. Je dois reconnaître que lui et moi avons été les seuls à rappeler avec force le combat pour les retraites de la rentrée, en soulignant le piège de se laisser enfumer par le discours sur la sécurité lancé par Sarkozy, pendant que la cure d'austérité se prépare en coulisses. Au moins un point d'accord...

L'idée selon laquelle il faut inventer une sorte de 3e voie, les termes "gauche" et "droite" ne parlant plus à grand monde, a été porté par D Cohn Bendit mais aussi par C Duflot. Et m'a semblé assez largement partagé par la salle. Malheureusement, au lieu d'en profiter pour réaffirmer que la gauche et la droite sont porteuses de projets de société différents, cet argument est utilisé pour justifier une grande alliance avec les centristes. Cohn Bendit explique ainsi que le cas de l'Italie, où depuis leur brillante idée de s'allier avec les démocrates il n'y a plus de gauche digne de ce nom, n'est pas du à "une gauche pas assez à gauche", mais à "l'évolution de la société". Ah.

Bref, ce fut quand même franchement un bon débat, sans langue de bois et où les vrais sujets ont pu être abordés. Hélas, de nos échanges, les médias n'ont retenu que l'axe Europe Ecologie – PS et le lancement d'un programme commun pour 2012. A la sortie, j'avais de nombreux retours positifs, et plein de nouveaux copains ;) Une bière à la buvette puis j'ai faussé compagnie à C Duflot, P Moscovici, JP Besset et JV Placé qui dinaient ensemble pour rejoindre la réunion des militants d'Utopia à qui j'avais promis de passer.

Par ailleurs, comme j'étais arrivée le matin, j'ai eu le temps de participer à quelques échanges et ateliers. De nombreux débats ont tourné autour de la notion de croissance, PIB et nouveau modèle de développement. J'ai ainsi assisté dans l'après-midi à un atelier "croissance verte ou décroissance ?" où intervenait notamment Paul Ariès. Paul, qui a cité Jean Luc Mélenchon au meeting de lancement du PG, sur le risque de voir disparaitre la gauche en France, et a fait le parallèle sur le risque de voir disparaitre l'écologie politique. Il a également souligné qu' "on n'a pas besoin de laver plus blanc, mais de laver plus rouge et plus vert". Jolie formule ;)

Corinne Lepage, de Cap 21, intervenait aussi dans ce débat. Avec quelques réflexions intéressantes sur le PIB notamment, nous avons eu droit à une sortie étonnante : "nous avons ici un débat de haute tenue intellectuelle, si on l'avait au JT de 20h les gens ne comprendraient pas" (!) puis elle a aligné les positions pro croissance verte, pour un "capitalisme entrepreneurial" mais avec le pouvoir aux salariés et sans pub ?!!, et la nécessité de "faire coller le souhaitable et le possible"... On sentait planer l'ombre de Cohn Bendit ;)

A noter enfin que le bouquin dont tout le monde parle est celui de Tim Jackson : « Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable », chez De Boeck... Et qu'un nouveau Contre Grenelle aura lieu en mars 2011 à Lyon.

… Voilà, vous savez (presque) tout !

mardi 17 août 2010

Direction les journées d'été des Verts

La période estivale s'achève en pente douce et je pars vers Nantes, où je vais participer aux journées d'été des Verts - Europe Écologie pour le PG. Une vraie rentrée des classes, dans les locaux de la fac de Nantes, où je vais retrouver mes camarades d'Utopia qui y tiennent un stand.

Après un début d'été contemplatif dans le Haut Atlas, un mois de lectures anarcho-libertaires et d'écriture de nouvelles, d'escapades politico-amicales dans le Sud, de discussions en bord de rivière à refaire le monde, de soirées arrosées et de virée rock'n roll sur la Costa Brava, de jardinage collectif et de journées ensoleillées dans la Drôme, je me suis studieusement remise au militantisme appliqué et à l'écriture. Un texte sur la notion de gratuité dans les services publics, une formation sur l'écologie politique pour le remue-méninges du Parti de Gauche, un communiqué sur Yasuni et un sur le rapport Roussely, des fiches programmatiques pour un gouvernement du Front de Gauche, un projet de pamphlet écolo-libertaire qui ne demande qu'à murir...

... Et donc la préparation du grand débat chez les Verts-Europe Écologie le 20 août, avec tout le gratin : Cohn Bendit (EE), Duflot (Verts), Lepage (Cap 21), Moscovici (PS), Bessac (PCF)... Et moi, au milieu de toutes ces belles personnes. Humm...

Comme m'a dit un ami : Va, accomplis ton devoir, unis les forces populaires et renverse l'oligarchie !  ;)

Je vous raconterai.

QUELS PARTENAIRES POUR QUEL PROJET ?

18h30 -> 20h30, Plénière du vendredi soir

Les grands rendez-vous...

Amphi E ; 800 pl.

Explosion du chômage, faillite du Grenelle, crise démocratique, montée des tensions, aggravation des inégalités et dégradations des finances publiques,... Le programme autoritaire et libéral de Nicolas Sarkozy a mené la France dans une impasse. Aujourd'hui, au sein de la population, la demande d'un projet alternatif de transformation écologique et sociale est très forte.
Chez les écologistes, les socialistes, les communistes ou les républicains des propositions émergent. Dans deux ans, pour battre la droite, il faudra nous unir et disposer d'un programme de gouvernement pour les cinq ans de la mandature.

Quelles sont les valeurs communes et les divergences entre nos différentes familles ? Comment répondre ensemble aux crises environnementales, sociales, économiques, démocratiques ? Comment surmonter les inévitables contradictions afin de battre la droite ? Comment construire nos compromis, sans jamais affaiblir notre projet ?

Différentes organisations politiques sont invitées et débattront ensemble de la manière de construire l'alternance.

Avec Cécile Duflot - Daniel Cohn-Bendit - Pierre Moscovici, secrétaire national du PS chargé de la convention nationale sur le nouveau modèle de développement - Patrice Bessac, porte-parole du PCF - Corinne Lepage, présidente de CAP21 - Corinne Morel Darleux, secrétaire nationale du Parti de Gauche au combat écologique.

dimanche 15 août 2010

Le rapport Roussely contre les usagers, les citoyens et les travailleurs du nucléaire

Voici le communiqué que j'ai rédigé pour le Parti de Gauche sur le fameux Rapport Roussely, qui n'en finit plus de faire couler encre et larmes.

La synthèse du rapport est consultable sur le site de l'Elysée.


Curieusement rendu partiellement public, après plus de deux mois d'attente, en plein coeur de l'été, le rapport Roussely réussit le tour de force de taper à la fois sur les usagers, les citoyens et les travailleurs du nucléaire.

On pouvait déjà s'interroger sur le fait que Nicolas Sarkozy commande un rapport à M Roussely, Président honoraire d'EDF, donc juge et partie, sur l'industrie nucléaire en France. Pire, alors qu'il a été remis au Président de la République le 11 mai dernier, ce n'est que ce 27 juillet que les citoyens français ont enfin eu le droit de prendre connaissance d'une synthèse du dit rapport. Une synthèse uniquement car le rapport, y compris pour sa partie sur le nucléaire civil, a été classé secret défense. Voilà qui est curieux, pour un sujet qui intéresse pourtant l'ensemble des citoyens.

D'autant qu'on y apprend que le rapport préconise rien de moins que la hausse des tarifs de l'électricité pour financer le renouvellement du parc. En pleine hausse des tarifs de l'énergie, les usagers apprécieront.

Il recommande également, en l'absence de tout débat public et citoyen, l'extension de la durée de vie des centrales au-delà de leur programmation initiale et l'ouverture des financements multilatéraux des énergies renouvelables au nucléaire... La concurrence libre et non faussée sans doute ?

Au mépris des appels répétés des syndicalistes et des travailleurs du nucléaire sur les conditions de travail et la baisse de la sûreté des installations dues à la logique de privatisation d'EDF, il conteste la « croissance continue des exigences de sûreté », qui ne serait pas une « logique raisonnable » et, sur la sous-traitance et les conditions de travail, se contente de proposer une simple « charte ».

Enfin, en matière de contrôle, le rapport déclare qu'
"il convient que l'Etat définisse un modus vivendi équilibré avec l'ASN, c'est-à-dire réaffirme le rôle régalien qu'il ne devrait pas abandonner à une autorité indépendante." L'Autorité de Sureté Nucléaire risquerait en effet, en relayant des incidents mineurs, de jeter « une suspicion injustifiée sur l'ensemble [de la] technologie [nucléaire]."

Une fois de plus, opacité et intérêts économiques priment sur l'intérêt général. Celui des travailleurs du nucléaire, des citoyens et des usagers.

Le Parti de Gauche réaffirme la nécessité d'une planification écologique permettant une sortie progressive et réfléchie du nucléaire, la création d'un pôle public de l'énergie avec le retour d'EDF-GDF à 100% public, et une vaste consultation nationale sur la transition énergétique associant syndicats, associations, citoyens, chercheurs et politiques.

vendredi 13 août 2010

Des canassons, du fric, des ripoux et de la nationalité : Israël et Monsieur de Rotschild

Donc, Édouard de Rotschild, patron de France Galop et du quotidien Libération, a acquis la nationalité Israélienne, en plus de la nationalité française. Et alors me direz-vous ?

Le truc, c'est pourquoi il le fait. Parce que quand même, demander la nationalité israélienne en ce moment, faut être motivé. Par des raisons politiques ou idéologiques ? Sans commentaire. Familio-sentimentales ? Difficile à juger.

Eh bien non. C'est beaucoup plus prosaïque. Monsieur de Rotschild veut juste pouvoir concourir au niveau mondial dans son sport favori, l'équitation, aux JO de 2012. Et il reconnait qu'il n'a aucune chance dans l'équipe française, vu son niveau. Alors il va le faire en Israël.

Résumons, Monsieur de Rotschild acquiert donc la nationalité Israélienne pour monter sur un canasson et essayer de le faire courir plus vite que le voisin. Parfait.


Et le JDD de nous expliquer sans rire le côté atypique de ce rentier idéal :

"Depuis son entrée à Libération, ce fringant cinquantenaire dont la fortune est estimée à plus de 300 millions d’euros, passe pour le gauchiste de la famille tout en s’affichant en ami de Nicolas Sarkozy. Ces jours-ci, l’ancien banquier, qui séjourne à Deauville, est tout à sa passion équestre."

La classe internationale. Voilà de quoi faire rêver les masses.

Mais avez-vous entendu quelqu'un parler à cette occasion du noble destrier de Monsieur de Rotschild, Lamm de Fetan ? Acquis le mois dernier pour une somme tenue secrète mais qui serait une des plus élevées de l'histoire hippique, le dit cheval avait été interdit de circuit pour cause de contrôle positif au dopage (eh oui, les chevaux aussi). Mais le monde du sport étant bien fait, son rachat et son "exportation" ont permis, en le changeant de nationalité, de lui refaire un casier vierge.

Ah tiens, en parlant de nationalité et de casier judiciaire, on vient d'apprendre l’expulsion par la police du camp Rom situé sous l’A86 à Choisy-le-Roi. Trente-cinq familles y vivaient depuis presque six mois. En France, patrie des Droits de l'Homme (le dire vite sans pleurer), il vaut mieux être cheval que Rom par les temps qui courent.

... Mais avez-vous entendu quelqu'un parler à propos de Monsieur de Rotschild devenu Israélien de ces autres nationalités que le gouvernement et l'UMP envisagent de sucrer à tous ceux qui déplaisent aux électeurs du Front National ?

Non, voyons, ça n'a rien à voir bien sûr.

Et avez vous entendu parler à cette occasion d'Antoine Gilibert, membre éminent de l'UMP et dirigeant de la Société des courses de Compiègne ? Celui à qui Monsieur Woerth à vendu la fameuse parcelle de la forêt de Compiègne à 2,5 millions d'euros alors qu'elle en valait 20 ?

Monsieur Gilibert est également un des dirigeants de France Galop, où siégeait d'ailleurs Madame Woerth.

Le monde est petit.



Enfin et surtout, vous avez entendu quelqu'un parler à cette occasion de Rachel Corrie, du blocus de Gaza, de Salah Hamouri ou du mur entre Israël et les territoires occupés ?

Non, bien sûr que non, ça n'a rien à voir voyons. Le sport, le fric et la politique sont des choses différentes.

Il y a parfois des infos qui méritent d'être creusées. Et toujours des oligarchies à renverser.

jeudi 12 août 2010

Etalement urbain (non en fait rien à voir mais tant pis)

Un clin d'œil, mais rapide, j'ai (très) mal aux doigts. Partie aux patates ce matin, mais sans gants. Terre toute sèche et bigrement dure = doigts en miettes. Aïe. Mais tout ça en bio, rassurez-vous, tout va bien.

Résultat, trois doigts inutilisables à la main droite, un à la main gauche. C'est pas grave, c'est pas comme si j'étais droitière. Et puis je n'ai pas trois milliards de mails qui attendent une réponse, ni dix textes à écrire pour la semaine prochaine. re-Aïe.

Et une info pour Steve, le IPhone, quoique tactile, ne reconnait pas les ampoules. Une honte. Et je ne vous raconte pas l'aventure pour rouler une clope ;(

Ah tiens, et le trackpad ne reconnait pas le pansement, lui. F***.

... Je vous ai déjà parlé de la self irony des néoruraux du Retour à la Terre de Larcenet ?

Et de l'Autobiography of me too de Bouzard ? Ben c'est le moment ;)

Et non, en effet, il n'y a aucune morale politique dans cette affaire, désolée.

(Remarquez si, je pourrais vous parler de l'étalement urbain. ... Mais je fais un copier-coller d'une fiche que j'ai faite pour le PG, alors, sinon c'est trop long à taper ;)

L’étalement urbain, c'est quand l' "espace construit augmente plus vite que sa population". En France, en 25 ans, la surface dévolue aux villes a augmenté de 75% alors que la croissance de la population urbaine n’était que de 25%. CQFD.

C’est un phénomène mondial. Un exemple : Los Angeles qui n’accueille "que" 15 millions d’habitants sur 12.000 km2 soit une densité de 1250 habitant /km2 contre 24800 hab/km2 pour Paris intra muros.

Les raisons ? Urbanisme anarchique dicté par les promoteurs, choix du "tout automobile", pression foncière qui chasse les plus pauvres des centre-villes, néoruraux (Larcenet, Bouzard, j'ai trouvé le lien !!) et promotion du modèle de la maison individuelle encouragé par la fiscalité et le modèle petit bourgeois sarkozyste d'une « France de tous propriétaires ».

Signe des temps, la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 entend favoriser un urbanisme économe en ressources foncières et énergétiques et prévoit des "objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain". La loi de modernisation de l'agriculture du 27 juillet 2010 quant à elle vise à mettre en place des outils destinés à préserver les terres agricoles des excès de l'urbanisation.

Sauf que le gouvernement fait pile l'inverse de ce qu'il faudrait pour lutter contre l'étalement urbain : fermeture d'écoles et de services publics en zone rurale, assouplissement des conditions d'installation de grandes surfaces en périphérie des villes (la fameuse LME, loi de modernisation économique), projet de réforme territoriale et concurrence entre les territoires, politique d'aménagement du territoire favorisant les mégapoles au détriment de villes de taille moyenne...

Conséquences : la voiture, indispensable pour aller travailler ou faire ses courses, représente 84% des déplacements, et les trajets quotidiens des français sont de plus en plus longs.Selon une étude de l'économiste Jean-Marie Beauvais en 2008, 51% des clients d'hypermarchés situés en zone dense prennent leur voiture, et parcourent en moyenne 8,7 km. Les petits commerces disparaissent au profit des hypermarchés et des zones commerciales. Le coût est considérable, pour la collectivité, en réseaux routiers et autres réseaux (eau, électricité, etc.). La segmentation sociale est accrue : budget essence, difficultés d’intégration, manque de services publics de proximité. Les constructions en dehors des centres villes se font trop souvent sans projet urbain, gaspillant de l’énergie, mitant le paysage, et faisant exploser les coûts de transport.

Enfin, la ville et les sols artificialisés, généralement pour des activités économiques, des infrastructures de transport (les fameuses gares patates TGV) ou des lotissements, grignotent la campagne. Une récente étude du ministère de l'Agriculture évalue la régression des espaces agricoles et naturels à 236 hectares par jour, soit l'équivalent de la superficie d'un département tous les sept ans. Une paille...

Face à ça, voilà ce qu'on pourrait faire nous, si on était au gouvernement par exemple.

Abroger la loi dite « de modernisation économique » et les différentes mesures visant à faciliter l'installation de grandes surfaces commerciales en périphérie des centres urbains.

Diminuer la pression foncière et favoriser l'accès au logement en ville, lutter contre les logements vides (136.000 à Paris source DAL), taxer les logements vides au delà d’un certain temps (ex. à Strasbourg au bout de 3 ans)

Développer le logement collectif et l'habitat alternatif, attractif et de qualité en ville.

Relocaliser. Rapprocher les lieux de vie, de travail, de loisirs. Penser le projet urbain sous l'angle paysager, économique, écologique et social : chaque nouveau projet doit être articulé avec les services publics, les transports collectifs et les commerces de proximité.

Favoriser une politique d'aménagement du territoire privilégiant les villes et non les mégapoles. Abandon de l'actuel projet de réforme des collectivités territoriales.

Maitrise publique du foncier : ceintures vertes autour des villes et moratoire sur les projets d'extension des zones commerciales.

Plus et mieux utiliser les dispositions réglementaires et outils fonciers existants (SCOT, PLU, classement en ZPPAUPet ZAP, DTA, PAEN, SAFER...) notamment dans les zones à forte pression démographique. En renforcer l'aspect prescriptif et en faciliter l’usage. Organiser une meilleure articulation des différentes politiques publiques dans les documents d'urbanisme (logement, foncier agricole, transports, énergie, biodiversité...).

Rendre obligatoire les études d'impact pouvant amener à l'interdiction d'ouvrir de nouvelles zones importantes à l'urbanisation sans programmation de transports en commun et services publics de proximité adaptés ni évaluation de la perte induite en espaces agricoles et naturels.

Par exemple...

mercredi 11 août 2010

Extinction du lynx ibérique

Il se trouve que quand j'étais gamine, et qu'on jouait à ces jeux idiots où on doit donner sa couleur préférée, le prénom de son amoureux, son signe astrologique ou encore son animal favori, à cette dernière question je répondais le lynx.

Il se trouve aussi que je reviens juste d'Espagne.

Et il se trouve enfin que je viens de finir de rédiger une nouvelle de fiction politique qui prend appui sur l'extinction des espèces animales.

Alors, voilà, quand un camarade du PG m'envoie cette information, ça me fait tout drôle. Et je relaye.

J'en profite pour m'excuser auprès de celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, m'envoient des infos de combats à relayer. Je m'efforce de répondre à tous les mails, je me renseigne, je transmets aux camarades qui sont au plus près du terrain, mais je ne peux pas tout analyser, vérifier, croiser. Le tri est subjectif, je l'avoue. Mais parfois les choses ressortent. L'info n'est jamais perdue en tout cas. Continuez ;)

Quelques mots rapides pour parler d'un sujet qui peut paraître dérisoire en ces temps de crise, mais qui est un élément de plus pour dénoncer une UE qui voudrait apparaître comme protectrice. Le félin le plus menacé d'extinction en ce moment (et parmi les mammifères les plus en danger) n'est pas dans une contrée lointaine et exotique, un de ces pays que certains regardent de haut en leur reprochant leur manque de règles démocratiques, sociales et écologiques. Non, la première extinction de félidé depuis le quaternaire se fera sans doute en Europe, en Espagne plus précisément.

Ce félin, c'est le lynx pardelle, appelé aussi lynx ibérique. Il est classé en danger critique d'extinction. Sa population qui était estimée à cent mille au début du 20e siècle n'a cessé de décliner, et de façon très brutale ces dernières années (encore qu'il semble y avoir une stabilisation des populations depuis un ou deux ans) : de cinq mille dans les années 1960, on est passé à 2000 en 1990, et l'on est maintenant à 200-250 individus. Les causes de cette disparition : les routes et autoroutes encouragées par l'Union Européenne pour "désenclaver et favoriser l'essor économique" (les routes morcellent les territoires animaliers, empêchent le brassage des populations, et les voitures tuent un nombre important d'animaux), et le développement d'une agriculture industrielle, en Andalousie en particulier (les fameuses fraises d'Espagne par exemple, tu connais mieux que moi les conditions de travail des travailleurs de ce type d'agriculture).

Evidemment, il y a bien quelques programmes européens de sauvegarde de la nature, comme LIFE, qui ont pour but d'atténuer les méfaits de ce type de développement. Mais comme le processus est mauvais par essence, le résultat est connu par avance. A quand la planification écologique à l'ordre du jour de l'UE ?

lundi 9 août 2010

Non à la politique du pilori !

Cette fois l'écœurement a saisi toutes les organisations, associations, syndicats, partis politiques et en quelques jours l'appel était monté. Au dégoût il faut répondre par l'indignation et la révolte. Cette politique là ne se dira pas en notre nom.

L’Appel citoyen « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité fraternité » appelle à une manifestation à Paris le 4 septembre 2010, place de la République à Paris à 14h et partout en France.

Il est ouvert à la signature ici.


Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternel

Vous pouvez signer cet appel ici

samedi 7 août 2010

Paysages politiques, dystopies du réel

Parce que la politique passe aussi par d'autres biais, et pour le plaisir, je vous laisse quelques jours en compagnie des magnifiques photos d'Edward Burtynsky dont le travail porte sur la manière dont l'industrie transforme la nature...



Inspirantes dystopies du réel.

... De quoi imaginer de jolies légendes sous forme de fictions politiques.

vendredi 6 août 2010

L'Equateur yasunisera-t-il le monde ?

Bonjour, voici un communiqué rédigé avec Celine Meneses, de la commission International du PG. D'une aire d'autoroute (!) vers l'Espagne, je ne vous fais pas un roman, mais c'est quand même une excellente nouvelle, même si rien n'est encore joué...

Voir aussi l'article du Monde

L'Équateur engage le monde dans l'économie post pétrolière


Ce mardi 3 août, le lancement du projet Yasuni ITT a enfin été acté ! Le fonds fiduciaire qui va permettre la mise en œuvre de ce projet a en effet été approuvé et signé par le gouvernement équatorien. Le pétrole du parc Yasuni, réserve naturelle qui contient une des plus importantes biodiversités dans le monde, restera donc sous terre. L'économie post- pétrolière est en marche !

Après des mois de négociations, le PNUD et le gouvernement équatorien sont donc parvenus à un accord. Le fonds fiduciaire Yasuni ITT sera administré par trois représentants du gouvernement équatorien, un représentant de la société civile équatorienne, deux représentants des "contributeurs" internationaux (Etats et organisations internationales) et un représentant du PNUD sans droit de vote. La souveraineté nationale équatorienne est garantie, le projet est conforme à la constitution équatorienne. Le capital du fonds sera exclusivement investi dans le développement des énergies renouvelables. Quant aux intérêts, ils seront dédiés à la lutte contre la déforestation des 40 zones protégées (4.8 millions d’hectares), à la gestion écologique des zones naturelles (5 millions d’hectares habités par des communautés indigènes et afro équatoriennes), à la reforestation du million d’hectares de forêts détruites en Équateur, à l'amélioration de l’efficacité énergétique nationale, mais aussi au développement social des zones concernées par le projet et  à la promotion de l'évolution effective vers une société de la "bio connaissance".

La mise en place de ce projet est une grande victoire et un grand moment de joie pour le Parti de Gauche, comme pour toutes celles et ceux qui promeuvent une veritable révolution énergétique et la sortie progressive des énergies fossiles par une planification écologique. Il permet d'envisager une coopération internationale solidaire des initiatives de protection de l'écosystème et donc de l'intérêt général humain. Il est déjà source d'inspiration pour d'autres gouvernements d'Amérique du Sud et pourrait bien être le signe concret d'un tournant écologique à l'échelle internationale.

Le Parti de Gauche se félicite de la mise en place de ce projet ambitieux et demande au gouvernement français de s'engager sans délais sur une contribution financière conséquente. La création de ce fonds est un premier pas qui doit plus que jamais être soutenu afin que Yasuni ITT puisse remplir ses promesses.

mercredi 4 août 2010

Comme un écho de 4 août... non ?

nuit_du_4_aout.pngComme il résonne fort, cette année, l'écho de la nuit du 4 août 1789.

La nuit de l'abolition des privilèges des nobles et du clergé. La nuit de la naissance de l'égalité républicaine et de l'impôt citoyen et universel.

Art. 9. Les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides, sont abolis à jamais. La perception se fera sur tous les citoyens et sur tous les biens, de la même manière et de la même forme ; et il va être avisé aux moyens d'effectuer le payement proportionnel de toutes les contributions, même pour les six derniers mois de l'année de l'imposition courante.

La nuit, finalement, où on décide de ne plus faire dépendre la « gestion de la cité » des intérêts de la noblesse et du « monde des affaires ».

221 ans plus tard, le gouvernement de n. sarkozy réinstalle l'oligarchie. Une "business class" de privilégiés, d'exonérés, de gens à qui tout est permis, y compris de se placer au-dessus des lois et du droit commun.

Aujourd'hui le gouvernement réintroduit les privilèges des « classes dominantes » et matraque les autres. Les pauvres, les sans papiers, les enfants d'immigrés, les employés, les militants, les écoliers, les malades, les vieux, les Roms, les désobéissants, les associations, les outrageurs de préfets, les pompiers qui manifestent à Nice. 

L'égalité se casse la gueule.

La liberté fout le camp.

Il est temps de faire usage de la fraternité. Une fraternité de classe. N'oublions pas que la nuit du 4 août répond à une insurrection. Celle des paysans révoltés qui s'en prennent au système féodal.

Ohé partisans, ouvriers et paysans... C'est l'alarme.


lundi 2 août 2010

Deux bouquins rafraîchissants au coeur de l'été

Voici deux bouquins qui sortent en plein cœur de l'été. Deux livres qui me tiennent à cœur, pour différentes raisons. Du combat militant, de la critique acide, de la gauche radicale, un parfum de désobéissance et d'ailleurs possibles... A mettre entre toutes les mains pour montrer que l'écologie est de gauche, profondément politique, et qu'elle peut contribuer à changer le monde.

Le premier s'intitule "L'eau n'a pas de prix  vive la régie publique !" Préfacé par Danielle Mittterrand, il a été écrit par Gabriel Amard, camarade du PG et président de la communauté d'agglo des Lacs de l'Essonne. Depuis des mois, Gabriel fait un travail de fou sur la planification écologique dans sa collectivité, en grand partisan de la preuve par l'exemple. Et ça marche.

Entre autres succès, il a réussi le tour de force de faire sortir deux communes des griffes du SEDIF et de Veolia, et de les faire revenir en gestion publique de l'eau, en associant élus et citoyens à ce choix et en organisant une grande votation citoyenne. Ce livre est le récit de cette belle entaille à la marchandisation des biens communs.

... Et en plus, il est publié chez Bruno Leprince, dans la collection "politique à gauche" où était paru un certain "l'écologie, un combat pour l'émancipation" (dont au passage les 800 exemplaires sont presque épuisés, il va falloir songer sérieusement à remettre ça ;)

"L'eau n'a pas de prix, vive la régie publique !" à commander dès maintenant ici (5 euros)

... Et voici le mot que javais fait pour soutenir la démarche, sur le site dédié "eaux des Lacs de l'Essonne"


Le deuxième a été écrit à quatre mains, par Aurélien Bernier et Michel Marchand avec le M'Pep, mouvement politique d'éducation populaire.

"Ne soyons pas des écologistes benêts" revient sur les militants "qui voient le monde à travers la seule crise environnementale, en oubliant la crise sociale. Ceux qui défendent une écologie qui ne serait « ni de droite ni de gauche » (Daniel Cohn-Bendit). Ceux qui prétendent sauver les écosystèmes sans mettre fin au capitalisme (Yann Arthus Bertrand).

Pourtant, l’effondrement financier de 2008 aurait du les réveiller… Eh bien non. Au contraire, ils défendent le capitalisme vert, qui permet à l’ordre économique mondial de se fait une seconde jeunesse. Nous ne devons pas nous laisser berner. C’est bien à une réorganisation politique qu’il faut œuvrer. Cela passe par des prises de position claires : contre l’OMC, pour un protectionnisme écologique et social à l’échelle des États, pour un nouvel internationalisme."

Outre le fait que le M'Pep fait un travail de production d'idées et d'analyses souvent décoiffant, qu'il porte la critique de manière radicalement incorrecte sur les questions européennes et le libéralisme, et que ses militants ont été d'une aide et d'un soutien essentiels dans la Drôme pour les régionales... je fais confiance à ces deux là pour porter la critique sur l'environnementalisme béat de manière à la fois sérieuse et argumentée, réjouissante, corrosive et piquante. Une bonne claque salutaire, à recommander à tous les verts de rouge ;)

Présentation sur le blog d'Aurélien Bernier

... A se procurer dans toutes les bonnes librairies de quartier dès le 25 août !

samedi 31 juillet 2010

Privatiser le Rhône pendant que le peuple est dans la rue ?

Encore une belle manœuvre du gouvernement.

... Cette fois, ils collent une session extraordinaire du Parlement le 7 septembre, journée de mobilisation nationale contre les retraites !!

Session extraordinaire, donc, où l'on reparlera notamment du fameux projet de loi NOME sur lequel nous avions fait un communiqué dès le mois de mai. Ce projet de loi vise notamment à contraindre EDF à céder quasi à prix coûtant de l'électricité à ses concurrents. On est loin de la concurrence libre et non faussée et de la main invisible du marché, hum...

Mais ce n'est pas tout. J'ai été alertée en Rhône Alpes sur un sujet connexe très important, la privatisation de la Compagnie Nationale du Rhône déjà détenue à 49 et quelques % par Suez. Lors du premier passage à l'AN de la Loi NOME, 3 députés UMP ont trouvé malin de déposer un amendement "cheval de Troie" dans ce sens.

Voir l'explication de vote du groupe GDR de Y Cochet : "Cette question, qui porte en elle-même la manière dont vous y répondez, est au fondement de notre vote négatif sur ce texte qui, de plus, a failli privatiser, au détour d’un amendement présenté par le président de la commission du développement des profits durables / (Sourires) / , la Compagnie nationale du Rhône! Il semblerait d’ailleurs que, finalement, le Gouvernement ait choisi d’attendre le passage au Sénat pour commettre cette œuvre au fil de l’eau de la navette législative."

Et un article du Progrès ici

Cet amendement a finalement été retiré mais il menaçait repasser au moment du vote au Sénat. Et voilà qui confirme nos craintes : Communiqué CGT - CNR du 6 juillet. Privatiser le Rhône... Ils sont devenus complètement fous !

A surveiller et combattre de très près.

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