Coordinatrice des Assises de l'écosocialisme, Parti de Gauche, Conseillère régionale Front de Gauche en Rhône Alpes, Membre du Bureau exécutif du Parti de la Gauche Européenne et du bureau de la Fondation Copernic. D'inspiration écolo-radicale, défend la transition écologique et la révolution citoyenne. (lire la suite) corinne morel darleux

Les uns et les autres... Organisons-nous.

APopdeDie.jpgEmbouteillage dans ma boite électronique ce matin, et comme un faisceau convergent de preuves comme quoi, une fois de plus, il n'y a pas lieu d'attendre une hypothétique et insoutenable relance du PIB pour distribuer les richesses : l'argent est là, seulement nous on ne le voit pas. Et pour cause, il va se nicher au fond des poches de quelques-uns, cette poignée d'actionnaires appelée oligarchie.

Au moment où le gouvernement, sous la houlette du droitier Macron, en remet une grosse couche libérale sur la nécessité de se serrer la ceinture - pour les uns - et d'aider les grands patrons - les autres – on découvre que les multinationales européennes battent des records de dividendes versés à leurs actionnaires : les plus hauts depuis 5 ans. Et dans le palmarès, la France figure en championne des dollars versés : le Crédit Agricole aurait donc un trop-plein de 1,2 milliard, et pour Axa c'est 2,7 milliards partis grossir les porte-monnaies des actionnaires. Pour le seul deuxième trimestre de l'année. Bref, pas la peine d'aller faire la danse du ventre devant le CAC40, Monsieur Valls : il se porte bien, merci. 

Mais alors... On nous aurait menti ? Diable, il y aurait de l'argent ? Les 50 milliards que le gouvernement de François Hollande nous serine qu'il faut aller chercher en sabrant les investissements publics, l'école, la santé : ils existent ? Mais alors, au lieu de ses politiques d'austérité, pourquoi l'Union européenne ne va-t-elle pas plutôt piocher dans les 153 milliards de dollars de dividendes versés au deuxième trimestre ? Et le premier qui me sort que "les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain" (selon l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt en 1974), comment dire... Si c'était le cas, on n'en serait pas à 5,34 millions de chômeurs. Il y a belle lurette que les profits dans ces entreprises ne sont plus réinvestis dans l'appareil de production, ni dans l'amélioration des conditions de travail, ni dans des filières industrielles ou la recherche allant dans le sens de l'intérêt collectif de la population. Non, ces profits vont dans des dépenses marketing pour nous convaincre d'acheter des choses dont on n'a pas besoin, dans des yachts et des villas dorées, dans des paradis fiscaux où ils peuvent prospérer.

Et pendant ce temps, sous pression de l'Union européenne pour "réduire les dettes publiques", on assiste à la vente à la découpe du patrimoine public – le nôtre : des Îles en Grèce, des forêts en Irlande et des montagnes dans le Tyrol… On marche sur la tête. Alors que les gains de compétitivité devraient nous faire gagner du temps, le nouveau Ministre de l'économie ne trouve rien de mieux à faire que de revenir sur les 35 heures, et on entend l'écho de plus en plus sérieux de la remise en scène du travail du dimanche et d'une retraite de plus en plus lointaine... Qu'Yves Thréard, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, dise qu'"il faut travailler plus pour travailler tous", ça ne nous étonne plus. Mais qu'un gouvernement dit "socialiste" le fasse... Hélas en fait non, ça ne nous étonne plus non plus. On nage en pleine ambiance réactionnaire. La fin des 35h serait une faute politique historique, à contre-courant de toute la tradition progressiste.

Signe des temps ? L'éditorialiste de Sud-Ouest, Guillebaud, qui n'a pourtant rien d'un révolutionnaire, a la nausée et semble vouloir voir nos colères fleurir : "Pour que ladite colère puisse réellement éclore, il faudrait un objectif fédérateur, un projet inspirant confiance, des chefs à la hauteur". Lutte contre la démesure et revenu maximal autorisé, écart maximal des salaires au sein d'une même entreprise, fiscalité plus progressive et taxation du capital, retraite à 60 ans, réduction drastique du temps de travail et gratuité des premières tranches d'eau et d'énergie... Voilà qui pourraient être ces "objectifs fédérateurs", tous contenus dans l'écosocialisme, le "projet inspirant confiance". Quant aux "chefs à la hauteur"... Et si c'était tout simplement nous, citoyens ? Celles et ceux des cercles Podemos à Londres réunis en travail concret, sans "charabia intimidant", vers un cadre uni d'action ; celles et ceux de l'assemblée populaire de Die qui se battent contre la vidéo-surveillance et s'auto-organisent pour se réapproprier l'espace public, comme ceux de la nouvelle ZAD du Testet, ou encore ce gamin qui, du train vers Paris d'où défilent les champs s'exclame :"Oui je vivrai là ! Et je planterai tout ce que je veux ! Du fenouil ! Du basilic ! Du piiiment !"...

Comme me l'a écrit l'écosocialiste espagnol Pedro González de Molina : "Es el momento de pasar de la reacción a la ofensiva". Pour cela, nous avons le projet, nous avons les idées. Il nous manque un outil commun, au-delà des partis, pour fédérer celles et ceux qui ne s'y retrouvent pas, rassembler les alternatives écosocialistes qui s'inventent, aider les résistances locales et mettre en réseau toutes les bonnes volontés. On y réfléchit, on y travaille. Activement.

Et de la poésie. Mettons de la culture dans la Révolution, soyons tous des « Don Qui », alias Armand Gatti, près de ses arbres leur lisant Gramsci, écrivant les lettres d'amour des camarades dans le maquis... Amour, poésie et révolution. Une feuille de route qui dit son nom.

AMPMaiakovski.jpg

L'écosocialisme comme appui-rebond. Remue-méninges du PG et billet de rentrée.

HaricotsVerts.jpg

Cet été, entre deux bains de rivière, brise océanique et autres cueillettes de haricots verts, j'ai piloté le parcours écosocialisme pour les journées d'été du Parti de Gauche, son « remue-méninges » qui a lieu cette fin de semaine, à côté de Grenoble comme chaque année. Je tiens à commencer par  […]

Lire la suite

Habere otium faciendi. Avoir le temps de faire (ou de ne rien faire).

regarderlesmontagnesnaitredelabrume.jpg

Une matinée d'été paisible dans le Diois. Savourer café – clope au soleil, regarder les montagnes naître dans la brume, jeter un œil au Canard Enchainé... Intriguée par le terme Otium, "ce cercle de loisir et de l'oisiveté chez les Anciens, le fondement même de leur sagesse", utilisé dans  […]

Lire la suite

La trahison énergétique. Réaction au projet de loi sur la "transition énergétique pour la croissance verte"

La trahison énergétique Réaction pour le Parti de Gauche rédigée par Didier Thévenieau, Corinne Morel Darleux et Mathieu Agostini Voir également notre article précédent "Le gouvernement en sobre état d'ébriété nucléaire" ici et mon billet "Transition énergétique : Ira, ira pas ?"  […]

Lire la suite

Transition énergétique : Le gouvernement en sobre état d'ébriété nucléaire

Flamanville2MBriegel032014.JPG

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : Le gouvernement en sobre état d'ébriété nucléaire Par Didier Thévenieau et Corinne Morel Darleux, publié dans l'hebdo A Gauche du 4 juillet 2014 (Voir aussi sur ce sujet la tribune "La trahison énergétique" rédigée par Didier Thévenieau, Julie del Papa et David Gau  […]

Lire la suite

London calling : écosocialisme européen, luttes, COP21 Paris et Podemos

london-calling.jpg

Après Paris et Bruxelles, et avant Barcelone où se tiendront nos prochaines rencontres à l'automne, la troisième réunion de notre réseau écosocialiste européen s'est tenue ce week end à Londres. Grâce au précieux travail de préparation et d'animation de Stephen Bouquin de Rood, de François Ralle du  […]

Lire la suite

OGM : La mutagenèse en procès politique à Orléans. Soutien aux faucheurs volontaires.

tournesols.jpg

OGM : La mutagenèse en procès politique à Orléans. Hervé Eon, Faucheur volontaire Corinne Morel Darleux, Conseillère régionale Rhône Alpes Mathieu Agostini, Responsable de la commission Écologie du PG Le 9 avril dernier, 3 faucheurs volontaires comparaissaient en appel suite au fauchage en 2010 de  […]

Lire la suite

1000 vaches, Confédération Paysanne, responsabilité du gouvernement et soutien FdG-EELV en Rhône Alpes

1000vaches.png

Les 1000 Vaches... Encore une lutte qui ne date pas d'hier mais qui enfin, d'abus en abus, finit par monter fort et c'est tant mieux. Petite caisse de résonance et contribution personnelle au combat. Dès novembre 2013, j'apportais le soutien du Parti de Gauche aux syndicalistes de la Confédération  […]

Lire la suite

- page 1 de 150