dimanche 10 septembre 2017

Climat, anthropocène : l'effondrement qui vient ? Un été entre fiction et réalité

joursheureux_henry_miller.jpg

 

Un été entre fiction et réalité, Chronique publiée sur Reporterre le 8 septembre 2017

Il y a des saisons comme ça, où se conjuguent curieusement une infinie douceur de vivre et une toile de fond au goût d’apocalypse…

J’ai passé mes vacances chez moi au pied du Vercors, parce que mon vrai luxe, mon doux plaisir est là : à refuser les déplacements motorisés, regarder pousser mon magnolia, effleurer les feuilles du citronnier, rire le cœur léger de voir les chats pourchasser le jet d’eau des tomates, les observer à hauteur d’herbe en prédateurs de lézards.

Lire, contempler, s’émerveiller. Expérimenter l’immobilité quand toute l’année on ne cesse de s’agiter, de sauter d’un train à l’autre et de dormir sous des toits étrangers. Se souvenir aussi qu’au-delà des activités cérébrales, on a un corps qui ne demande qu’à se déployer, s’affermir, se délier.

20170820_095421.jpgJ’ai enfin pris le temps de gravir mes montagnes, celles pour lesquelles je me bats à la Région le reste de l’année afin qu’elles continuent à vivre tout en conservant leur caractère naturel et sauvage. Et j’ai mis en pratique ce que je ne cesse de défendre en tribune : le temps de la marche, de l’effort, l’émerveillement qui vous prend à surprendre au détour d’une vire un aigle, une biche, une marmotte, à découvrir des tapis d’Edelweiss sur les hauts plateaux du Vercors… Le sentiment de plénitude, de recul et de perspective qui vous saisit du massif des Trois Becs, où la vue porte jusqu’aux Écrins dans les Alpes, vaut toutes les cures du monde. Il rince l’esprit, lave le regard, et le dénivelé franchi assure de passer une bonne nuit de sommeil, le corps étiré, repu et satisfait.

Entre Montélimar et Die, le long de cette petite route qui serpente à travers la campagne, je me demandais si je contemplerais jamais perspectives plus enchanteresses. Henry Miller, Jours Heureux à Die

Je crois de plus en plus qu’on ne défend bien que ce qu’on a appris à aimer, et j’ai ressenti profondément cet été encore l’importance de pratiquer la nature, d’éduquer à l’environnement, l’urgence d’emmener les gamins des villes à la campagne, en montagne ou à la mer, comme Noah, le jeune homme du désert découvrant l’océan dans le magnifique « Imaginer la pluie ». Noah est un enfant de l’ère post-effondrement, sa mère s’est réfugiée dans le désert et lui a appris à y survivre. Un abri, un puits, quelques lézards, et la dureté d’âme pour seuls outils. Se sentant mourir, elle confie à Noah les mots d’avant, lui explique ce qu’était les villes, la nourriture, les armes, la pluie. Un récit de poésie et d’humanité, en parfait accord de forme et de fond avec l’écriture courte et ciselée de Santiago Pajares. Les romans ont ceci de précieux sur les essais qu’ils ne parlent pas qu’à l’esprit mais aussi au cœur. Aux tripes parfois. Ils s’ancrent dans des trajectoires de vie, s’incarnent dans des personnages que l’on suit, prennent le temps de décrire des sentiments, et l’on s’y projette plus facilement.

lecturescorinne.jpgPar le jeu de rencontres autour de l’anthropocène, sur les recommandations de Pablo Servigne, de Christophe Bonneuil, de mon père et de la librairie Mosaiques à Die notamment que j’en remercie, j’ai lu cet été toute une série de romans « post-apocalyptiques » : Imaginer la pluie, La parabole du Semeur, Dans la forêt, La femme tombée du ciel… C’est une chose curieuse que de lire ces romans dont certains décrivent une société à feu et à sang, privée d’électricité, d’eau potable, de fraternité... de vivre par procuration l’effondrement d’une société, installée au calme sur ma terrasse, entourée de tant de beauté. C’est une chose curieuse que de lire l’anticipation de ce que l‘on redoute et combat toute l’année. Emballement climatique, pénurie des biens essentiels à la vie, accidents chimiques, rupture des liens sociaux, guerre pour l’accaparement des ressources, effondrement mais aussi redécouverte d’une autre humanité… Cela m’a plongée dans des abîmes de perplexité sur la course du monde, de réflexion sur mon propre discours, de recul sur ma contribution et ma part de responsabilité.

Ces derniers temps, j’ai l’impression tenace que la réalité rattrape la fiction. La société du divertissement du Meilleur des Mondes qui est en train de supplanter celle de 1984, Matrix, Mad Max, Roller Ball, l’intelligence artificielle de Blade Runner ou de Ghost in the Shell, l’indépassable Soleil Vert ou Les fils de l’homme, toutes ces références de dystopies cinématographiques dont je parle souvent dans mes interventions publiques pour mieux toucher les esprits, dessinent les contours d’un éventail de possibles. Des mondes d’après qui ne sont pas certains, mais possibles, et hélas de plus en plus probables. L’arrivée du jour du dépassement dès le 2 août, les dernières données de l’Organisation météorologique mondiale sur la concentration des particules dans l’atmosphère, sur la hausse de la température moyenne, l’élévation des océans, la disparition des glaciers et banquises, le Groenland en flammes, la fonte du permafrost, l’extinction des espèces qui s’accélèrent dangereusement, la multiplication des aléas, incendies, sécheresses, ouragans : les signaux sont de plus en plus inquiétants.

Tous en ce monde sur la crête d'un enfer à contempler les fleurs. Kobayashi Issa

Chez nous, concrètement le manque chronique d’enneigement est de plus en plus visible et commence à alimenter les discussions au café. Les anciens déclarent eux-mêmes ne plus rien comprendre et s’inquiètent de ce nouveau vent tourbillonnant qui n’a cessé de souffler cet été. La pyrale blanche, qui annihile les buis dans nos montagnes et augmente les risques d’incendies, forme de véritables nuées qui de nuit trompent le regard comme autant de flocons de neige en plein été. Jérôme, agriculteur du Diois, me parle des intrusions du gibier qui ne trouve plus de quoi se nourrir en forêt ; les chevreuils viennent déguster de jeunes plants jusque dans les champs ; certains chasseurs comme Christophe s’alarment de la multiplication des sangliers qui sont engrainés pour fournir leurs parties de chasse du week-end aux urbains lyonnais, et menacent le travail des agriculteurs du coin. Dans le milieu paysan, c’est un carnage cette année : la succession de l’épisode de gel puis de sécheresse et de stress hydrique a séché les récoltes de Clairette, mais aussi détruit la moitié de la production de plants de variétés anciennes de Jérôme. Jean-Marie lui a du arroser son blé, une hérésie, et ne sait pas comment il va faire pour travailler la terre pour la saison prochaine, tant elle est dure. Les serres de Julien sont infestées de pyrales. Les noix, les fruits vont se faire rares sur le marché.

vendanges.JPG

Bien sûr, les terres du Diois ne sont pas les plus faciles, la nature du sol, le trop chaud l’été, les gelées printanières qui empêchent de cultiver l’amande ou l’abricot, on le sait. Mais c’est de plus en plus dur. Si ça continue il n’y aura bientôt plus de maraîchers dans le Diois. Un paysan m’explique que des terres cultivées se transforment en champ à chevaux, plus rentable comme activité. Comment en est-on arrivé à une société dans laquelle le fait de nourrir et d’alimenter ne permet plus de vivre, même en ruralité ? Un monde dans lequel le budget consacré à l’alimentation chute tandis que celui consacré au loyer ou à la santé explose. Où les dates de vendange s’accélèrent partout, un monde où les châteaux bordelais investissent dans des vignes en Angleterre. C’est le monde à l’envers.

Bien sûr, tout ce que je viens d’évoquer ne puise pas aux mêmes causes, mais ça crée un paysage d’ensemble, une ambiance, un « climat » dont il faut se saisir d’urgence pour ne pas laisser son caractère anxiogène paralyser l’action, sombrer dans le découragement ou le « à quoi bon ». Peut-être réussirons nous à en extraire un terreau de lucidité propice à décoloniser les imaginaires, à dessiller les sceptiques sincères, à ouvrir les esprits à un autre discours mêlé de décroissance, d’écosocialisme et d’alternatives. J’ai lu quelque part cet été qu’il n’y avait plus lieu de parler de catastrophisme climatique, juste de catastrophe climatique. Je crois malheureusement que c’est vrai. Il s’agit dès lors de fournir des éléments les plus objectifs possibles d’appréhension de ce qui est en train de se passer, et des bifurcations qu’il est encore temps d’engager dans la période transitoire qui s’ouvre. A la fois pour que celle-ci ne soit pas d’une brutalité insupportable pour les plus démunis, les plus exposés, mais aussi pour maintenir la volonté d’action qui fait la dignité du présent, et commencer à dessiner la société d’après, dès maintenant.

Je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur, une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au combat avec cette lumière conquise. (…) Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. Albert Camus, L'Eté

Il est temps que la « collapsologie » sorte des cercles avertis, s’émancipe d’une vision survivaliste à mon sens réductrice, et commence à pénétrer le grand public et à influer les actes politiques : non pour effrayer, mais pour préparer. L’atténuation, le fait de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, reste absolument cruciale. Une étude publiée cet été dans la revue Nature estime qu’il ne nous reste que trois ans pour avoir encore une chance de limiter le réchauffement climatique sous le seuil de 2°C. Il faut donc intensifier le combat. Mais nous devons aussi commencer à réfléchir plus sérieusement à l’adaptation : le changement est là, et la condition pour amortir le choc climatique est de réussir à conjuguer l’urgence climatique et la justice sociale. C’est la nature profonde du projet écosocialiste. Quand je vois le PS belge s’en revendiquer tout en déclarant qu’il faut abandonner la lutte des classes, mon sang ne fait qu’un tour. Et je désespère qu’ils comprennent un jour. Absurdité ! L'écosocialisme ne saurait se mener sans luttes ni conscience de classe. Et ne saurait en aucun cas servir de paravent idéologique aux politiques libérales que mènent ces partis comme nous l’avions déjà fait savoir à Monsieur Cambadelis en 2015.

Le changement climatique peut être considéré comme la traduction atmosphérique de la lutte des classes. Naomi Klein

amfisclimat.jpgLa relève est ailleurs, l’avenir est à regarder du côté des nouveaux mouvements climat, de Bizi, d’Alternatiba, du côté de la France Insoumise, d’Attac, et des passerelles entre toutes ces dynamiques : car là se mêlent le souci social et environnemental, là on a compris que c’est du côté de l’oligarchie que se jouait la lutte contre l’exploitation et la prédation, là on a compris que nous sommes les 99 % qui peuvent encore tout changer.

Bonus : la vidéo de notre débat sur les nouvelles stratégies des mouvements climat aux journées d'été de la France Insoumise à Marseille avec Pauline Boyer (ANV-Cop21), Gabriel Mazzolini (Amis de la Terre), et la réalisatrice Sandra Blondel (Irrintzina, le cri de la génération climat) : https://www.youtube.com/watch?v=qlA4xyNEWK4&feature=youtu.be

samedi 9 septembre 2017

Je voudrais dire avant tout que la vie vaut la peine d’être vécue. Hommage à Walter

WalteretGilles.jpg

Walter Bassan est décédé. Je l'ai appris ce matin par Gilles Perret et son très beau texte que je reproduis ici avec son accord. Sur le site de Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui, les compagnons du Plateau des Glières avec lesquels j'ai eu tant de plaisir depuis 2013 et cette année encore (moment de frissons capté en fin de billet) à partager ces moments de fraternité, de résistance, d'émotion, on peut lire des mots de Walter. La première phrase : Je voudrais dire avant tout que la vie vaut la peine d’être vécue... Comme un legs du résistant de toujours pour chacun de nos instants (...)

Lire la suite

mardi 5 septembre 2017

De nouveau en mission d'observation en Turquie le 18 septembre

IMG_0741.JPG

Le 4 juillet dernier, j'étais à Ankara en délégation internationale pour assister au procès politique de FigenYuksekdag, dépuée et co-fondatrice du HDP. Nous avions été interdits d'accès de la salle d'audience puis expulsés du tribunal sur intervention de la Présidence de la République turque, au mépris des conventions internationales. J'en avais fait le récit ici : "La mission en Turquie ne s'est pas déroulée comme prévu". Plus tard dans la soirée, le procès avait été ajourné et nous avions pris l'engagement auprès de nos hôtes de revenir. Engagement tenu, nous y serons donc pour la (...)

Lire la suite

lundi 4 septembre 2017

Ça s’est passé dans les Alpes, c’était le 23 août. Et c’est le climat. (Tribune collective)

photoafp.jpg

Dans les Alpes, l’« effondrement » devient terriblement concret. Voici la tribune collective que j'ai proposée à divers acteurs, praticiens, élus, chercheurs de la montagne et du climat, suite à l'écroulement qui s'est produit dans les Alpes suisses le 23 aout dernier, symptome très concret du dérèglement climatique et de l'effondrement qui vient. Un appel à l'action, une réponse aux climato-sceptiques qui ont déferlé sur les réseaux sociaux après la diffusion de cette vidéo, et un rappel que la fonte des glaces ne concerne pas que les ours blancs. Publiée sur Reporterre le 1er septembre (...)

Lire la suite

vendredi 28 juillet 2017

L'écosocialisme irrigué par le Danube... Récit de Budapest

PanoramaBuda.jpg

Le Danube m’attira avec une force irrésistible... écrivait Panaït Istrati. E et de fait, comme il y a quatre ans, j'ai passé chaque instant de liberté à Budapest littéralement collée au fleuve. Je suis partie en Hongrie à l'invitation de la fondation Rosa-Luxemburg-Stiftung et de la Gauche européenne. Avant de m'enfermer pour deux jours je me suis autorisé le premier soir de mon arrivée une promenade nocturne dans les rues désertes d'un ancien quartier industriel, ambiance post-apocalypse. Un sentiment imposant à la fois de liberté et d'écrasement. Il y a quatre ans, j'étais déjà venue (...)

Lire la suite

jeudi 27 juillet 2017

Éthidimuron, une aventure aqueuse

N_67548.PNG

Chronique du Diois, publiée sur Reporterre le 18 juillet : "De l'art d'être transparent en cachant tout" L’eau du robinet de notre chroniqueuse est de bonne qualité. Nonobstant la présence d’un mystérieux éthidimuron. Quid ? Elle a cherché à savoir de quoi il s’agissait, plongeant dans les méandres de la réglementation sur les produits chimiques. Résultat ? Mystère et boule de gomme. Il y a quelques jours, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres un dépliant de l'agence régionale de santé (ARS), qui doit régulièrement effectuer un bilan de la qualité de l'eau et en informer la (...)

Lire la suite

mercredi 12 juillet 2017

Mais que se passe-t-il encore avec Laurent Wauquiez ?

Wauquiez.jpg

Alors que le FN ne cesse de courir après Monsieur Wauquiez en qui il reconnaît un pair grâce à ses multiples prises de position, de la « clause Molière » au refus d'accueil des réfugiés, en passant par la « main tendue » de Marion Maréchal le Pen, il semblerait que Monsieur Wauquiez court lui surtout après les présidences (comme nous l'avons expliqué ici à Lyonmag). Ainsi, après avoir conquis la présidence de la Région Auvergne Rhône Alpes où l'ambiance vire sérieusement de plus en plus au chaos comme le raconte dans un dossier très fouillé le journal Acteurs de l'économie, Monsieur Wauquiez (...)

Lire la suite

samedi 8 juillet 2017

La mission en Turquie ne s'est pas déroulée comme prévu. Récit

IMG_0823.JPG

C'est curieux. D'habitude quand je reviens d'un déplacement à l'international je suis emplie d'images, de parfums, de sonorités. Là rien. comme si j'avais passé ces deux jours en apnée. Je me suis envolée pour la Turquie lundi, pour assister en tant qu'observatrice au procès de Figen Yuksekdag, co-présidente du HDP, la troisième force politique du pays avec six millions d'électeurs. Détenue en garde à vue depuis son arrestation il y a huit mois, elle risque 83 ans de prison. Voir mon billet précédent. La mission ne s'est pas déroulée comme prévu. L'accès des délégations internationales a été (...)

Lire la suite

samedi 1 juillet 2017

Des députés, de l'emprisonnement et des mots. En mission d'observation internationale en Turquie

Figen.PNG

Il y a huit mois, c'était l'émoi. Toute la diplomatie occidentale réagissait fortement à l’arrestation de Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, les deux co-présidents du HDP, troisième force politique en Turquie avec 6 millions d'électeurs. On pouvait lire trouble, inquiétude et indignation des États Unis, de l'Union européenne, de l'Allemagne et de la France. Aujourd'hui, même à creuser les tréfonds d'Internet on ne trouve aucune suite à ces réactions. Et pourtant. Détenue depuis huit mois, Figen Yüksekdag risque 83 ans de prison. Son procès va avoir lieu le 4 juillet à Ankara.  Alors après (...)

Lire la suite

jeudi 29 juin 2017

Le grand embouteillage, l'A45 et Vinci. Sauf si.

C8uKV2WXcAEqIJj.jpg

Le grand embouteillage, Paris-Bangkok, Ivan Illich, l'A45, Laurent Wauquiez, Tac-o-Tac, la forêt de Khimki, Notre Dame des Landes, les cadeaux de l'Union européenne, 8 Smics par jour et Vinci. Sauf si.   Corinne MOREL DARLEUX   Texte en pdf à télécharger en cliquant ici : A45 Vinci CorinneMD.pdf   Le grand embouteillage Chic ! C'est l'été. Et avec l'été bientôt les vacances et le retour de Bison Futé. Le grand embouteillage...1. Ça donne envie, non ? Alors certains ont eu une grande idée : nous permettre d'aller plus vite d'un bouchon à un autre. C'est l'A45, qui est en projet entre Lyon et (...)

Lire la suite

vendredi 2 juin 2017

L'écosocialisme, outil de recomposition : contribution dans les pages de L'Huma

Huma.jpg

J'ai été invitée par L'Humanité à contribuer aux pages Débats & Controverses du numéro du 1er juin sur le thème : « Sur quelles bases la gauche de transformation peut-elle se reconstruire? », voici mon texte. Je ne sais pas vous, chers amis lecteurs, mais personnellement j'observe le paysage politique en France avec un étonnement grandissant. Pour le meilleur, quand est enfin franchi le seuil que nous attendions tant, avec le beau score de 20% à la présidentielle avec JL Mélenchon et le programme de la France Insoumise. Pour le pire, quand je vois progresser les voix du FN, et l'abstention (...)

Lire la suite

mardi 30 mai 2017

Plaidoyer paysan. Chronique agricole du Diois pour Reporterre

CassetaDalle1.jpg

"L'agriculture paysanne est la voie à suivre", publiée sur Reporterre le 29 mai 2017. Photos : série inédite de l'opération "Casse ta dalle béton" menée à l'été 2016 par le Mouvement de Libération de l'Humus Diois La « gelée noire » de la fin du mois d’avril a durement frappé le vignoble du Diois, exacerbant les difficultés des paysans. Dans cette partie de la Drôme comme ailleurs en France, le métier de la terre ne permet plus de vivre décemment, déplore notre chroniqueuse. Il ne faut pas toujours se fier aux premiers signes du Printemps. Dans le Diois, martinets et (...)

Lire la suite

samedi 27 mai 2017

Center Parcs : c'est toujours non

roybon2.jpg

On a salué en juillet 2015 la décision du Tribunal Administratif de Grenoble déclarant illégal le projet de Center Parcs à Roybon dans l'Isère En avril 2016, on est montés au créneau contre le premier budget de Laurent Wauquiez à la Région, qui comportait un soutien de 4,7 millions d’euros au Center Parcs On a déposé un recours devant le Tribunal administratif en juin 2016 En décembre, rebelote : vote du deuxième budget pour 2017 avec le soutien de 4 millions d’euros au Center Parcs Alors devinez quoi : rebelote aussi, en janvier 2017 on dépose un deuxième recours. D'autant qu'entre-temps, en (...)

Lire la suite

vendredi 26 mai 2017

Ecologie, climat et pape François

Reception_LS.jpg

J'ai été invitée à l'automne dernier, en compagnie de Serge Latouche, Florence Leray, Alain Lipietz ou encore Mohammed Taleb, à intervenir dans le cadre d'un cycle de conférences organisé par la Chaire Jean Bastaire à l'Université Catholique de Lyon. J'y ai fait une lecture critique et écosocialiste de l'encyclique Laudato Si du Pape François, parue l'année de la Cop21. Aujourd'hui sort aux éditions du Cerf le recueil de nos contributions, sous la direction de Fabien Revol, disponible dans toutes les bonnes librairies (cliquer sur l'image ci à côté pour les détails). Vous pouvez également (...)

Lire la suite

mardi 23 mai 2017

Montez le son ! Douzième compte-rendu de mandat radiophonique sur RDWA (podcast)

Corinne Morel Darleux, conseillère régionale élue en Drôme, nous propose un rendez-vous régulier pour un "compte-rendu de mandat radiophonique", ici à la suite d'une commission permanente de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La dernière s'est tenue le 18 mai 2017. Corinne Morel Darleux nous commente les points suivants : - Qui est soutenu, qui ne l'est plus ? (Espérance Banlieues, Opéra de Lyon, CIDFF, FRAB, PatiPrestige, Carte Jeunes...) - Le règlement des subventions - Un point de vigilance : les thermes de Montbrun-les-Bains - Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui au plateau (...)

Lire la suite

jeudi 18 mai 2017

Nouvelles (très) fraiches de l'agriculture paysanne en Région Auvergne Rhone Alpes

HaricotsVerts.jpg

Un billet écrit à la mitraillette, sans poésie. Juste de l'info brute et du ressenti. Je siège à la commission agriculture à la Région Auvergne Rhône Alpes. Je m'en fais régulièrement le relais ici. Malheureusement je dois dire qu'on y parle peu d'agriculture et surtout de tuyaux, de fonds européens, de dispositifs et de paperasse. A la Brazil. Mais qu'à cela ne tienne : on s'y met, on décortique des dossiers parfois très techniques, et s'il le faut je me fais éclairer certains points par les acteurs sur le terrain. Depuis le début du mandat, un petit groupe s'est constitué dans les réseaux de (...)

Lire la suite

mardi 9 mai 2017

Réflexions post-présidentielle (La sourde inquiétude que la politique soit devenue une gigantesque réserve de trolls)

coqdefeu.jpg

Chronique publiée sur Reporterre le 8 mai 2017 Le vieux monde se meurt, mais le matin neuf n’est pas encore levé Aviez-vous déjà noté que la vergogne, cette forme de pudeur et de retenue vaguement craintive est un nom féminin, quand le scrupule, originellement ce petit caillou pointu qui empêche d'avancer sereinement, est masculin ? Et surtout, aviez-vous remarqué que cette notion de vergogne n'existe plus de nos jours que dans sa locution contraire, « sans vergogne »... Cet entre-deux tours a été particulièrement violent et haineux. Il a confirmé la disparition progressive de l'empathie, (...)

Lire la suite

vendredi 28 avril 2017

Accueillir son Tigre, le prendre dans ses bras, et le ramener au sommet. (Chronique Reporterre)

arton12087-2438b.jpg

Chronique publiée sur Reporterre le 22 avril Petit conte publié samedi dernier sur Reporterre, qui depuis ce premier tour prend un relief particulier. Différent. Mais peut-être encore plus aiguisé... Belle lecture.    J’ai découvert hier que j’étais Buffle d’eau selon le zodiaque chinois. J’aime cette image qui m’évoque des paysages de rizières, la fluidité, la puissance et une certaine forme de patience heureuse et apaisée. Mais le symbole qui a le plus aiguisé ma curiosité ces derniers temps est le Tigre de la montagne. Je l’ai redécouvert et exploré à travers le fabuleux Tyger, d’Emily (...)

Lire la suite

dimanche 16 avril 2017

Le climat, un combat pour la paix (Mémoire des Luttes)

IMG_8939.JPG

Climat, international, migrations forcées, conflits armés... : ces questions sont intimement liées, et la question de l'accès aux ressources naturelles devient un enjeu géostratégique de plus en plus critique, au fur et à mesure que le climat se dérègle et que ces ressources s'épuisent. C'est le message de solidarité internationale et empreint d'écosocialisme, sur la base de la règle verte et du protectionnisme solidaire, que j'ai porté à la 3e conférence euro-méditerranéenne à Benalmadena en Espagne. J'y avais réalisé cette petite vidéo : (Voir aussi celle de ma camarade Sarah Legrain ici) Et (...)

Lire la suite

mercredi 12 avril 2017

Montez le son ! Onzième compte-rendu de mandat radiophonique sur RDWA (podcast)

rdwa.jpg

A la suite de la commission permanente de la région Auvergne-Rhône-Alpes du 27 mars 2017, nous commentons les points suivants : - Le lancement de la marque "La Région du Goût" - Sécurité et Clause Molière : vidéosurveillance, brigade régionale TER et contrôle du travailleur étranger - Rapport Montagne, quand la justice s'en mêle les manœuvres sont de mises... - Qualité de l'air dans la vallée de l'Arve et mobilisation ferroutage - "Vent d'Assos" contre la politique de Wauquiez - Arrêt de subvention au PNR des Bauges, coupure du financement GRETA Viva5 de Die Et je vous (...)

Lire la suite

- page 1 de 72

Haut de page